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Éloigner des bourdons sans détruire leur nid
Décaler un passage, poser un écran, protéger une entrée : ce qui marche pour cohabiter quelques semaines, et pourquoi le déplacement d'une colonie échoue presque toujours.
La question derrière la question
« Comment éloigner des bourdons » veut presque toujours dire l'une de ces trois choses : je ne veux plus les croiser en ouvrant ma porte, je ne veux pas qu'ils entrent dans la maison, ou j'ai besoin de travailler à l'endroit où ils vivent. Ces trois besoins ont des réponses différentes, et aucune ne passe par un produit.
Un point d'abord, parce qu'il change le calcul : la colonie a une date de péremption. Fondée par une reine solitaire en fin d'hiver, elle culmine autour de juin et s'éteint le plus souvent avant la fin de l'été, sans jamais réoccuper la même cavité l'année suivante. Tout ce qui suit consiste donc à tenir quelques semaines, pas à régler un problème permanent.
Modifier le trajet plutôt que l'insecte
Un bourdon défend un périmètre minuscule. Il n'a ni la portée de défense d'une colonie de guêpes ni son seuil de déclenchement bas : on peut passer à un mètre d'une entrée de nid sans que rien ne se produise. Ce qui provoque une réaction, ce sont les vibrations transmises par le support — une tondeuse, un taille-haie, un motoculteur, une bêche, un nettoyeur haute pression — et le choc direct sur la cavité.
La mesure la plus efficace est donc géométrique. Repérez précisément l'orifice d'envol, plantez un jalon visible à un mètre, et laissez cette zone en herbe haute jusqu'à l'automne. Si le nid se trouve sur un cheminement quotidien, déplacez le cheminement : une planche, deux dalles posées de biais, une corde tendue suffisent à faire prendre un autre trajet à toute la maisonnée, y compris aux enfants qui, eux, ne mémorisent pas une consigne verbale.
Poser un écran, la seule action qui « éloigne » vraiment
Il existe un geste qui modifie réellement le comportement de la colonie, et il est très simple : interposer un obstacle vertical à trente ou cinquante centimètres devant l'orifice, sans le boucher.
Une planche, un panneau de grillage occulté, un pot de fleurs large, une plaque de bois appuyée contre un piquet : l'insecte contourne, et son couloir de vol se décale de plusieurs mètres au lieu de traverser la terrasse en ligne droite. C'est particulièrement utile quand le nid se trouve dans un muret bas, sous un escalier extérieur ou dans un talus qui borde un accès. L'écran ne gêne pas la colonie — le trafic d'un nid de bourdons est faible — et il supprime la rencontre frontale, qui est la cause quasi unique des piqûres accidentelles.
Deuxième variante, pour une cavité située dans une façade : occulter la lumière plutôt que l'ouverture. Un store, un rideau opaque, une moustiquaire sur la fenêtre la plus proche évitent qu'un individu désorienté n'entre le soir.
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Ce qui ne marche pas, et ce qui aggrave
Boucher l'orifice. C'est l'erreur la plus répandue et la plus coûteuse. Une colonie enfermée ne meurt pas : elle cherche une autre issue. Dans un mur, un coffre de volet, un plancher de comble ou un vide sanitaire, cette autre issue donne fréquemment à l'intérieur du logement. On remplace alors un nid dehors par des insectes dedans.
Les répulsifs. Ni le vinaigre, ni les clous de girofle, ni les huiles essentielles, ni les ultrasons ne déplacent une colonie installée. Une reine a choisi cette cavité pour sa température, sa sécheresse et son obscurité ; aucune odeur diffusée à l'air libre ne change ces trois paramètres.
Les insecticides du commerce. Outre qu'ils sont inefficaces sur une cavité profonde, ils posent en Île-de-France un problème que la plupart des acheteurs ignorent : sept espèces de bourdons y sont protégées par l'arrêté du 22 juillet 1993 (nouvel onglet), et plusieurs d'entre elles nichent au sol. Détruire une colonie sans savoir de quelle espèce il s'agit, c'est prendre le risque des sanctions de l'article L. 415-3 du code de l'environnement (nouvel onglet) — trois ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende. Le sujet est développé dans bourdons protégés en Île-de-France.
Noyer, enfumer, arroser. Ces gestes provoquent la seule chose qu'on voulait éviter : une sortie massive d'insectes à quelques dizaines de centimètres de l'opérateur.
Et déplacer le nid ?
L'idée est séduisante et on la trouve souvent formulée comme une alternative douce. Elle mérite une réponse franche : le déplacement d'une colonie de bourdons est une opération de spécialiste, à taux d'échec élevé, et elle n'a de sens que dans très peu de situations.
Deux obstacles techniques. Le premier est que les ouvrières reviennent à des coordonnées, pas à un objet : une colonie déplacée de quelques mètres perd les butineuses en vol, qui tournent à l'ancien emplacement jusqu'à épuisement. Un déplacement réussi suppose une distance de plusieurs kilomètres, ou une période de confinement contrôlé. Le second est que le nid n'est pas un objet transportable : c'est un amas irrégulier d'urnes de cire logé dans de la mousse, de l'herbe sèche ou de la laine de verre, qui se désagrège dès qu'on le soulève.
Il reste donc deux cas où la question se pose sérieusement : une personne allergique au venin d'hyménoptère vit dans le foyer, ou la colonie occupe un local qui doit impérativement être ouvert avant l'automne — une chaufferie, un chantier, l'abord immédiat d'une crèche ou d'une école. L'interlocuteur n'est alors ni une entreprise de désinsectisation ni un apiculteur, mais une structure naturaliste capable d'identifier l'espèce, et, si elle fait partie des sept protégées, l'administration compétente en matière de dérogation. La mairie est le point d'entrée pour savoir vers qui se tourner localement.
Un cas particulier : le nichoir et le coffre de volet
Quand la colonie est logée dans un objet démontable et vide — un nichoir à mésanges, une boîte aux lettres hors service, un composteur — la marge de manœuvre est un peu plus grande qu'avec un terrier, parce que le contenant peut se manipuler d'un bloc, à la tombée du jour, sans désolidariser le nid de son support. Cela ne dispense pas de la question de l'espèce, et cela ne devrait pas s'improviser. Le cas le plus fréquent, celui du bourdon des arbres dans un caisson de volet roulant ou sous une toiture, est traité dans bourdons dans le nichoir ou le volet roulant.
Et si ce ne sont pas des bourdons ?
C'est l'hypothèse à écarter avant tout le reste, surtout après le mois de juillet. Le mot « bourdon » sert couramment à désigner n'importe quel gros insecte bourdonnant, et beaucoup de demandes d'éloignement concernent en réalité des guêpes germaniques nichant au sol, ou un frelon européen logé dans une charpente. Le trafic, la silhouette et la saison suffisent à trancher : les critères sont réunis dans les bourdons et dans bourdon ou guêpe.
S'il s'agit de guêpes ou de frelons, nous intervenons — à hauteur d'homme, jusqu'à 2,50 mètres, perche comprise et jamais de nacelle — au forfait annoncé avant le déplacement, 129 € TTC en semaine et 189 € TTC le week-end. S'il s'agit bien de bourdons, nous ne nous déplaçons pas, et nous le disons au téléphone plutôt que devant le nid.
Mise à jour : 20 septembre 2026
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