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Glossaire

Anatomie du nid : papier, enveloppe, rayons, envol

Un nid se décrit par quatre choses : sa matière, sa forme, son ouverture et son emplacement. Ces quatre observations suffisent, depuis une fenêtre et sans s'approcher, à dire de quelle espèce il s'agit, à quel stade de la saison on se trouve et si une intervention a un sens. Elles décident aussi de la manière dont un nid se traite : un nid suspendu à l'air libre et un nid logé dans un caisson de volet roulant posent deux problèmes techniques différents. Les définitions qui suivent donnent le vocabulaire exact, y compris celui qu'emploie un technicien au téléphone. La méthode d'observation complète, elle, figure dans la page reconnaître un nid de guêpes.

La matière et la structure

Nid de papier (carton de cellulose)

Les guêpes et les frelons récoltent des fibres de bois sur du bois mort, une palissade grise, une souche ou un volet non peint, les mâchent et les mêlent à leur salive. Le matériau obtenu est un carton de cellulose léger, gris à beige, parfois strié de bandes de teintes différentes selon les bois récoltés. C'est la signature la plus fiable d'un vespidé : la cire est celle des abeilles, la terre celle des guêpes solitaires, la mousse et l'herbe sèche celles des bourdons. Ce papier explique aussi deux comportements du nid. Il se dégrade rapidement sous la pluie une fois la colonie morte, et il ne se réutilise pas : aucune colonie ne reprend le nid de l'année précédente, dont la structure est souillée et fragilisée.

Enveloppe du nid

Couche externe de papier qui referme le nid et le protège de la pluie, du froid et de la lumière. Elle est faite de lamelles superposées formant des poches d'air, ce qui en fait un isolant thermique remarquable : une colonie de guêpes maintient ainsi l'intérieur du nid à une température de couvain stable. L'enveloppe est percée d'une ouverture unique, le trou d'envol. Elle est absente chez les polistes, dont le rayon reste nu. Deux conséquences. Un nid enveloppé ne laisse rien voir de son volume réel, et l'estimation « il est gros comme un ballon » porte sur l'enveloppe, pas sur le nombre d'insectes. Et dès qu'elle est percée, même accidentellement, la colonie sort en masse par la brèche.

Rayons et alvéoles

À l'intérieur de l'enveloppe, le couvain est élevé sur des plateaux horizontaux d'alvéoles hexagonales, appelés rayons ou gâteaux, reliés entre eux par de courts piliers de papier. Les alvéoles ouvrent vers le bas — les larves y sont maintenues tête en bas et scellées d'un opercule de papier au moment de la nymphose. La colonie ajoute des étages au fur et à mesure de sa croissance, ce qui explique qu'un nid ouvert ou tombé montre une succession de plateaux superposés. Un gros nid de guêpe commune en compte couramment sept à dix. Le nombre d'alvéoles donne une idée de l'effectif produit depuis le printemps, et non du nombre d'insectes présents à l'instant T : chaque alvéole sert successivement à plusieurs individus.

Les deux nids du frelon asiatique

Nid primaire

Premier nid de la saison chez le frelon asiatique, construit par la fondatrice seule en avril et en mai. Il est sphérique, de la taille d'une balle de golf puis d'une orange, presque toujours abrité de la pluie et à faible hauteur : auvent, abri de jardin, garage ouvert, appui de fenêtre, avancée de toit, cabanon, nichoir, boîte aux lettres. L'ouverture est ronde et située vers le bas. C'est le stade où une destruction est à la fois la plus simple et la plus utile, puisqu'elle supprime une colonie entière au prix d'un nid accessible et peu peuplé. C'est aussi celui que l'on manque le plus souvent, faute de regarder les zones abritées d'un jardin au printemps. Voir les frelons asiatiques.

Nid secondaire

Second nid de la saison. Quand la colonie devient trop nombreuse pour le nid primaire, en juin ou juillet, elle déménage et reconstruit ailleurs un nid sphérique ou piriforme pouvant atteindre 80 centimètres, le plus souvent suspendu haut dans un grand arbre — platane, chêne, peuplier, cèdre — parfois sous une charpente ou dans une haie dense. Son ouverture est latérale et non ventrale, détail qui le distingue d'un nid de guêpes. Le feuillage le masque jusqu'à l'automne : d'où le paradoxe bien connu des nids découverts en octobre ou novembre, à la chute des feuilles, alors qu'ils sont déjà en fin de vie. La question de la hauteur est traitée dans nid de frelon asiatique en hauteur.

L'ouverture et le trafic

Trou d'envol

Orifice unique par lequel toutes les ouvrières entrent et sortent. Dans un nid caché — sol, mur, caisson, tuile, doublage — c'est le seul élément visible, et il suffit à localiser la colonie : on observe le flux à distance, à l'ombre, un jour chaud, et on note le point exact où les trajets convergent. Deux ou trois minutes suffisent. Il ne faut jamais le boucher. Un nid dont l'entrée est obstruée ne meurt pas : les insectes percent une autre issue, et cette issue débouche fréquemment à l'intérieur du logement, dans la pièce contiguë au volume qu'ils occupaient. Une intervention se conduit précisément par le trou d'envol, ce qui suppose qu'il soit resté praticable. Voir aussi les emplacements typiques.

Où le nid se trouve

Nid aérien

Nid suspendu à l'air libre, entièrement visible : branche, avant-toit, poutre de pergola, rebord de fenêtre, sous-face de balcon. C'est le cas des polistes, du nid secondaire de frelon asiatique et, plus rarement, de certaines Vespula. L'avantage est le diagnostic : on voit la forme, la taille, l'ouverture et le trafic sans rien démonter. La difficulté est ailleurs — l'accès, la hauteur et, quand le nid surplombe un passage ou une terrasse, la distance de sécurité pendant le traitement. Un nid aérien ne signifie pas un nid facile, et un nid haut dans un arbre relève de moyens d'accès spécifiques qui ne sont pas à la portée d'un particulier.

Nid souterrain

Nid logé dans une cavité du sol, le plus souvent un ancien terrier de rongeur élargi par la colonie. Guêpe commune, guêpe germanique et bourdon terrestre en font. Rien n'est visible : un trou de deux à trois centimètres dans un talus, une pelouse, un massif ou sous une dalle, et un va-et-vient régulier. C'est la configuration la plus accidentogène du répertoire, parce qu'on ne la découvre presque jamais en regardant mais en tondant, en débroussaillant ou en bêchant juste au-dessus. Les vibrations déclenchent une défense collective immédiate, et c'est le scénario type des piqûres multiples. Repérer et marquer le trou avant tout travail de jardin en août et en septembre évite l'essentiel de ces accidents.

Nid en cavité

Nid construit dans un volume fermé déjà existant : caisson de volet roulant, doublage de cloison, vide sanitaire, conduit de cheminée, sous-toiture, arbre creux, coffre de climatisation. La colonie ne construit pas d'enveloppe complète puisque la cavité en tient lieu ; elle empile ses rayons dans le volume disponible. La conséquence est à retenir : le nid peut être beaucoup plus gros que ce que laisse supposer l'unique fente par laquelle on voit passer les insectes, et il occupe parfois un volume qu'on n'imaginait pas relié. C'est pourquoi l'intervention se conduit par l'entrée réelle et non par la pièce où l'on aperçoit les guêpes. Le cas le plus courant est traité dans nid de guêpes dans un volet roulant.

Nid ouvert en ombelle

Nid des polistes : un rayon unique d'alvéoles nues, sans enveloppe, suspendu par un court pédoncule et orienté vers le bas, d'où la comparaison avec une ombelle ou une petite pomme de douche. Les alvéoles sont visibles, ainsi que les quelques dizaines de guêpes posées dessus, immobiles. C'est très exactement ce que décrivent les particuliers sous le nom de « petit nid de guêpes avec les trous visibles », sous un rebord de toit, un store ou un garde-corps de balcon. Sa taille dépasse rarement dix à quinze centimètres. Il n'abrite jamais des milliers d'individus, et sa découverte n'appelle pas la même réponse qu'un nid de Vespula. Voir guêpe poliste.

Nid de terre sur un mur

Petits tubes ou boules de boue séchée, de deux à quatre centimètres, collés sur une façade abritée, un volet, un encadrement de fenêtre, parfois à l'intérieur d'un local peu fréquenté. Ce ne sont pas des nids de guêpes sociales mais les loges d'une guêpe solitaire, le plus souvent une guêpe maçonne du genre Sceliphron. Chaque loge contient une proie paralysée et un œuf, puis se referme. Il n'y a ni colonie, ni ouvrières, ni défense : aucun risque, aucune intervention. Un petit trou rond percé dans la paroi indique que l'adulte est sorti et que la loge est vide ; on peut alors la gratter et laver la trace. Voir guêpe maçonne.

Taille, âge et occupation

Taille du nid selon le mois

La taille d'un nid donne son âge, pas sa dangerosité. Chez la guêpe commune, le nid de la fondatrice fait trois à cinq centimètres en mai, la taille d'un pamplemousse en juillet, celle d'un ballon de handball en août et en septembre. Chez le frelon européen, la progression est comparable mais le nid reste souvent invisible puisqu'il occupe une cavité. Chez le frelon asiatique, le nid primaire va de la balle de golf à l'orange en avril et mai, puis le nid secondaire atteint fréquemment 40 à 60 centimètres en septembre et dépasse parfois 80 centimètres en octobre. Deux réserves importantes : ces repères sont indicatifs et varient selon la météo de l'année, et un nid en cavité n'est pas mesurable de l'extérieur.

Nid vide (nid mort)

Nid dont la colonie est morte. Comme la colonie est annuelle, tout nid de guêpes ou de frelons est vide à partir de décembre et le reste définitivement : il ne sera jamais réoccupé, ni par ses occupants, ni par une nouvelle reine au printemps. La vérification se fait par l'observation, pas par le toucher : un jour doux, à 18 ou 20 °C, en milieu de journée, un nid habité montre un trafic continu à son ouverture en moins de dix minutes. Aucun mouvement dans ces conditions signifie un nid mort. On peut alors le décrocher soi-même, s'il est accessible sans échelle ni prise de risque ; le carton se désagrège en quelques mois s'il est exposé à la pluie. Aucun traitement n'est utile.

Emplacements typiques du nid dans une maison

Dix cachettes couvrent la quasi-totalité des cas en pavillonnaire francilien : le caisson de volet roulant, la sous-toiture et le débord de rive, les combles, le conduit ou la souche de cheminée, le doublage d'une cloison, le sol du jardin, le cabanon ou l'abri de jardin, la boîte aux lettres et le coffret de compteur, le composteur, et enfin la haie dense ou le lierre d'un mur. Le point commun de cette liste est le volume sec, sombre et pourvu d'une seule ouverture. Elle explique aussi pourquoi un nid se cherche à l'extérieur alors qu'on entend les insectes à l'intérieur : le bruit traverse une cloison que l'insecte, lui, ne traverse pas. Voir nid de guêpes dans un volet roulant et destruction d'un nid de guêpes.

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