Frelon asiatique · 94
Nid de frelon asiatique dans le Val-de-Marne (94)
L'eau, d'abord
Le frelon asiatique suit l'eau, et le Val-de-Marne en est traversé sur toute sa largeur. La part du territoire communal occupée par des surfaces en eau le dit mieux qu'une carte : 11,5 % à Ablon-sur-Seine, 11,0 % à Choisy-le-Roi, 10,1 % à Joinville-le-Pont, 9,4 % à Alfortville, 8,6 % à Charenton-le-Pont, 8,2 % à Saint-Maurice, 6,5 % à Bonneuil-sur-Marne, 5,2 % à Villeneuve-Saint-Georges, 4,9 % à Créteil. À ces cours principaux s'ajoute une particularité val-de-marnaise : la Marne s'y divise en bras secondaires, le Bras du Chapitre et le Bras des Ravageurs entre Créteil et Saint-Maur-des-Fossés, le Bras Sainte-Catherine et le Bras de la Guyère à Créteil, le Bras de Gravelle à Saint-Maurice. Chaque bras double la longueur de berge, donc le linéaire d'arbres mûrs et d'eau libre. C'est le terrain que l'espèce préfère : de l'eau pour la construction du nid, des insectes en abondance au-dessus de l'eau, et de grands sujets pour s'installer.
Avril à juin : le nid primaire, le seul qui soit petit
Une reine ayant passé l'hiver seule fonde au printemps un premier nid de la taille d'une orange, sphérique, avec une petite ouverture ronde dirigée vers le bas. Elle le place à l'abri de la pluie et rarement très haut : sous un auvent, sous un rebord de balcon, dans un abri de jardin, sous une avancée de garage, dans un cabanon, sous une table de jardin retournée, parfois dans un coffre de compteur. Pendant plusieurs semaines, il n'y a qu'elle, puis quelques ouvrières. C'est le moment où l'intervention est la plus simple, la moins chère en risque et la plus utile : une colonie supprimée en mai n'existera pas en septembre. Si vous ouvrez une remise en avril et trouvez une petite boule grise avec un seul insecte autour, refermez et appelez ; ne cherchez pas à la décrocher.
Août à novembre : le nid secondaire, haut et tardif
Quand la colonie devient trop grande, elle déménage et construit un second nid, cette fois volumineux — jusqu'au format d'un gros ballon, voire davantage — le plus souvent dans la fourche haute d'un arbre. Trois conséquences très concrètes dans le 94. D'abord, la découverte est tardive : le houppier masque le nid jusqu'à la chute des feuilles, et beaucoup de propriétaires le voient pour la première fois en octobre ou en novembre. Ensuite, la question devient celle de l'accès plus que celle du traitement : hauteur exacte, solidité de la branche porteuse, dégagement au sol, présence de lignes ou d'une véranda en dessous. Enfin, la propriété de l'arbre se pose presque toujours : un nid dans un platane d'alignement en bord de voie relève de la commune, un nid dans un arbre mitoyen suppose l'accord du voisin. Il faut donc identifier le propriétaire de l'arbre avant de fixer le rendez-vous.
Ce que la loi de 2025 dit, et ce qu'elle ne dit pas
C'est le point sur lequel circulent le plus d'informations fausses. La loi n° 2025-237 du 14 mars 2025 a inséré l'article L411-9-1 dans le code de l'environnement et institué un plan national et des plans départementaux de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes ; son décret d'application est le n° 2025-1377 du 29 décembre 2025. Ce dispositif prévoit que le signalement d'un nid puisse être transmis par l'intermédiaire du maire. Il s'agit d'une faculté : aucun texte n'oblige un particulier à déclarer un nid découvert chez lui, ni à le faire détruire. Ce qui a changé en pratique, c'est que la mairie est devenue le point d'entrée de référence : c'est elle qui recense et qui oriente. Et c'est là que se joue l'aspect financier : certaines communes participent au coût de la destruction, selon des modalités qui leur sont propres. La question se pose avant l'intervention et non après, car une prise en charge est généralement conditionnée à une démarche préalable. Un appel à la mairie avant de faire intervenir coûte cinq minutes.
La lisière du plateau, l'autre moitié du terrain
Les berges ne sont pas le seul couloir. Au sud-est, le Réveillon traverse Marolles-en-Brie et Villecresnes, l'Yerres borde Mandres-les-Roses et Villeneuve-Saint-Georges, et ces petites vallées boisées jouent exactement le même rôle que la Marne : de l'eau, des arbres, des insectes. Sucy-en-Brie cumule les deux configurations, avec la Marne sur une partie de son territoire et 31,1 % de sa surface en forêt — c'est la combinaison la plus favorable du département. La différence tient au type d'arbre : chênes et châtaigniers de lisière plutôt que platanes de berge, donc un accès plus encombré au sol.
Ce qu'il ne faut surtout pas faire
Ne jamais tenter de faire tomber un nid, ni de le percer, ni de tirer dessus : une colonie délogée d'un coup défend un rayon de plusieurs dizaines de mètres et les personnes présentes sont piquées avant d'avoir pu reculer. Ne pas installer de pièges improvisés en pleine saison, qui capturent surtout d'autres insectes. Pour faire identifier l'espèce, une photographie prise au zoom depuis l'intérieur suffit : on y cherche les pattes jaunes et le thorax sombre.
Intervenir dans les 47 communes du Val-de-Marne
129 € TTC en semaine, 189 € TTC le week-end, déplacement et destruction du nid compris, au 01 84 25 52 86. Pour un nid en hauteur, indiquez la hauteur estimée et l'essence de l'arbre si vous la connaissez : le matériel n'est pas le même selon le cas.