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Bourdons dans un nichoir ou un volet : le bourdon des arbres

Bombus hypnorum occupe nichoirs, caissons de volets et sous-toitures. C'est une confusion courante du printemps avec un nid de guêpes, et la réponse est inverse.

Une espèce qui a changé d'adresse

La plupart des bourdons nichent au ras du sol. Une espèce fait exception, et c'est précisément celle qui arrive chez les gens : le bourdon des arbres, Bombus hypnorum, qui cherche des cavités surélevées. Dans son milieu d'origine il occupe des trous de pic, des nichoirs à oiseaux et des creux de branche. Dans un pavillon francilien, il occupe ce qui ressemble le plus à un trou de pic : un nichoir à mésanges, un caisson de volet roulant, un coffre de compteur, une boîte aux lettres condamnée, un vide sous un lambris de sous-toiture, un tas de laine de verre dans un comble, un composteur à couvercle.

Sa reconnaissance est facile parce que sa livrée est peu variable : thorax entièrement roux à brun-roux, abdomen noir, et une extrémité blanche très nette. Le contraste roux / noir / blanc, de haut en bas, est caractéristique. C'est aussi l'espèce de bourdon la plus démonstrative : elle défend son entrée plus volontiers que les autres, et il n'est pas rare qu'un individu vienne voler devant le visage d'une personne qui s'approche à moins d'un mètre. Ce comportement d'avertissement n'est pas une attaque, mais il explique pourquoi cette espèce-là déclenche des appels alors que les bourdons terricoles se font oublier.

Pourquoi ce cas produit la confusion la plus coûteuse

Le caisson de volet roulant est aussi l'emplacement favori de la guêpe commune et de la guêpe germanique : un volume sec, sombre, isolé, avec une fente d'entrée permanente au passage de la sangle. En avril et en mai, quand un propriétaire entend gratter derrière son coffre pour la première fois, il a devant lui deux hypothèses dont les conséquences sont opposées.

S'il s'agit de guêpes, la colonie est au tout début de sa croissance, elle occupera le volume entier d'ici août, remplira le caisson au point de bloquer le tablier, et rendra la pièce difficilement utilisable à la fin de l'été. C'est le moment où l'intervention est la plus simple et la moins risquée ; la marche à suivre est dans nid de guêpes dans un volet roulant.

S'il s'agit de bourdons des arbres, la colonie est déjà proche de son maximum — quelques dizaines à quelques centaines d'individus au plus —, elle déclinera avant la fin de l'été et ne reviendra pas l'année suivante. Il n'y a rien à faire, et rien qui puisse être fait sans se poser la question de l'espèce.

Trois critères séparent les deux en une minute d'observation, depuis l'intérieur et par la fenêtre. Le matériau visible à la fente : un nid de guêpes produit rapidement des écailles de papier gris strié, un nid de bourdons ne produit aucun papier mais laisse parfois dépasser de la mousse ou des fibres. Le trafic : quelques insectes par minute pour les bourdons, plusieurs par seconde aux heures chaudes pour une colonie de guêpes en juillet. Et l'aspect de l'insecte : massif et entièrement velu contre fin, brillant et nettement rayé.

La sous-toiture et le nichoir : deux variantes du même problème

Sous une toiture, le bourdon des arbres occupe volontiers un espace entre la volige et l'isolant, accessible par un défaut de closoir ou par un about de panne. On l'entend, on le voit entrer, et on ne peut pas le voir. C'est la situation qui inquiète le plus, parce qu'elle donne l'impression d'une installation durable dans la charpente ; elle ne l'est pas. Aucun bourdon ne perce, ne creuse ni ne dégrade le bois. Il n'y a ni galerie, ni humidité, ni dégât de structure à redouter. Le nid, quelques centaines de grammes de cire brune et de matériaux de garnissage, se retire à la main à l'automne si l'on y accède.

Dans un nichoir, la situation est plus simple encore, et elle est même une bonne nouvelle : le nichoir a fait son travail, avec un locataire inattendu. La seule règle est de ne pas l'ouvrir avant l'automne. Le nettoyage habituel de fin de saison, une fois toute activité cessée pendant une semaine de beau temps, remet la boîte à disposition des oiseaux pour l'année suivante.

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Le geste à ne pas faire : fermer

Sur un caisson de volet comme sur une sous-toiture, le réflexe est de calfeutrer la fente ou de mousser l'orifice. C'est l'action qui transforme un non-problème en problème.

Une cavité de bâtiment n'est presque jamais étanche : elle communique avec la gaine du volet, le doublage, le plénum d'un faux plafond ou le comble. Des insectes privés de leur sortie habituelle en trouvent une autre, et cette autre donne du côté intérieur — au droit du caisson, à la jonction du plafond, derrière une plinthe. Le principe vaut d'ailleurs pour toutes les espèces, guêpes comprises. On ne ferme une entrée qu'une fois la cavité certainement vide.

Ce que dit la loi, et ce qu'elle implique ici

Aucun bourdon n'est protégé sur l'ensemble du territoire national. En Île-de-France, en revanche, l'arrêté du 22 juillet 1993 (nouvel onglet) protège sept espèces, et les atteintes à ces espèces relèvent de l'article L. 415-3 du code de l'environnement (nouvel onglet).

Le bourdon des arbres ne figure pas parmi les sept. Cela ne rend pas sa destruction souhaitable pour autant, et cela ne dispense de rien : déterminer un bourdon à l'espèce suppose d'examiner un individu en main, et l'observation d'une fente de volet à trois mètres ne permet à personne d'affirmer laquelle des espèces du genre occupe le caisson. Le raisonnement complet est dans bourdons protégés en Île-de-France.

Vivre avec, pendant les semaines qui restent

Le cycle du bourdon des arbres est précoce, plus encore que celui des autres espèces : fondation dès mars, maximum en mai ou juin, extinction souvent en juillet, parfois avant. Une colonie découverte au printemps est donc rarement là deux mois plus tard.

Pendant ce temps, trois précautions suffisent. Ne pas manœuvrer brutalement le volet concerné et le laisser plutôt remonté ; ce sont les vibrations et les chocs qui déclenchent la sortie défensive. Ne pas travailler en façade à moins d'un mètre de l'orifice — perceuse, échelle appuyée, nettoyeur haute pression. Et tenir compte du comportement d'avertissement de l'espèce : un individu qui vient voler devant vous demande simplement que vous recouliez, et repart quand vous reculez.

À l'automne, une fois l'activité terminée, le caisson peut être ouvert, le nid retiré et la fente équipée d'une brosse ou d'un joint souple. C'est ce geste-là, et lui seul, qui évite une réinstallation — de bourdons comme de guêpes — au printemps suivant.

Notre position

IDFG n'intervient pas sur les bourdons, quelle que soit l'espèce et quel que soit l'emplacement. Notre périmètre couvre les guêpes, les frelons européens et les frelons asiatiques, et le détail de ce refus est exposé dans les bourdons.

Ce que nous faisons volontiers, en revanche, c'est trancher la confusion. C'est un motif d'appel courant au printemps : un caisson qui gratte, un doute entre deux espèces dont l'une se traite et l'autre pas. Quelques questions au téléphone ou une photographie suffisent. S'il s'agit de guêpes ou de frelons, nous intervenons à hauteur d'homme, jusqu'à 2,50 mètres, perche comprise et jamais de nacelle, au forfait de 129 € TTC en semaine et 189 € TTC le week-end.

Mise à jour : 20 septembre 2026

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