Calendrier des guêpes et frelons en Île-de-France
De février à décembre, ce qui se passe dans les nids chaque mois, ce que vous pouvez faire, et pourquoi tout se complique de juin à septembre.
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Une colonie de guêpes en Île-de-France, mois par mois : reine d'avril, nid de juillet, agressivité de septembre, nid vide en hiver, et la piqûre.
Presque tout ce qui se dit de travers sur les guêpes vient d'un malentendu : on les imagine installées, comme une fourmilière ou une termitière, alors qu'une colonie de guêpes est une construction jetable. Elle commence au printemps avec un seul insecte, atteint son maximum à la fin de l'été, puis meurt entièrement avant Noël. Le nid de papier que vous voyez en octobre sous un avant-toit n'a que six mois et ne passera pas l'hiver. Comprendre cette courbe, c'est comprendre pourquoi un nid se retire en dix minutes en mai et devient une affaire sérieuse en septembre, pourquoi les guêpes tournent autour des assiettes en août et pas en juin, et pourquoi un nid découvert en décembre ne demande aucune intervention. Cette page suit la saison dans l'ordre où elle se déroule ; c'est l'ordre dans lequel les questions arrivent.
La fondatrice a passé l'hiver seule, engourdie, dans un tas de bois, sous une écorce, dans un repli de charpente ou parfois dans un pli de rideau d'une pièce non chauffée. Elle sort dès que les journées se réchauffent durablement et cherche un abri sec, à l'abri de la pluie et du vent : un coffre de volet roulant, un interstice de bardage, un trou de mulot dans un talus, l'angle d'un cabanon. Elle mâche du bois mort qu'elle mélange à sa salive et construit seule une première cellule, puis quelques-unes, suspendues à un court pédoncule. À ce stade le nid ressemble à une petite pomme de douche grise de trois à cinq centimètres, et il n'est habité que par elle et ses premières larves.
C'est la période la plus favorable au particulier, et la moins exploitée : un nid de mai contient un insecte, pas deux mille. Le problème est qu'il est presque invisible. On ne le trouve qu'en taillant une haie, en ouvrant un abri fermé depuis l'hiver ou en démontant un caisson de volet. Si vous tombez dessus à cette saison, la situation est simple et sans urgence, mais elle ne le restera pas : le même emplacement, huit semaines plus tard, est une colonie.
La guêpe commune (Vespula vulgaris) et la guêpe germanique (Vespula germanica), qui sont de très loin les deux espèces les plus rencontrées en Île-de-France, dans un logement comme dans un local professionnel, mesurent de 12 à 17 millimètres pour une ouvrière. Le corps est glabre à l'œil nu, jaune vif et noir, avec une taille très marquée entre le thorax et l'abdomen, et l'insecte replie ses ailes dans la longueur du corps au repos. Le vol est nerveux, rectiligne, silencieux à faible distance.
Cette description en élimine beaucoup d'autres. L'abeille domestique est brun doré, velue, trapue, et ne se pose pas sur la viande ni sur les canettes. Le bourdon est deux à trois fois plus large, très velu, avec un vol lourd et grave. Le frelon européen est simplement beaucoup plus grand, de 25 à 35 millimètres, et roux sur le thorax. Le frelon asiatique, de 20 à 30 millimètres, est sombre avec des pattes jaunes aux extrémités. Restent les imitateurs : les syrphes, mouches inoffensives à deux ailes qui font du surplace devant vous et n'ont pas de taille marquée ; les polistes, guêpes plus élancées aux pattes pendantes en vol, qui construisent un petit nid ouvert sans enveloppe, en forme de pomme de douche, sous un rebord de toit ; les guêpes solitaires, maçonnes ou fouisseuses, qui bouchent un trou de serrure ou un tube de mobilier avec de la terre et ne forment jamais de colonie. Ces trois dernières familles ne justifient presque jamais de traitement.
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Dès que les premières ouvrières émergent, la reine ne sort plus : elle pond, elles construisent et nourrissent. Le nid gagne des étages de cellules et une enveloppe de papier à plusieurs couches ; il passe de la taille d'une balle de tennis à celle d'un ballon de handball entre la mi-juin et la fin août. C'est à ce moment qu'il devient visible pour l'occupant, non pas parce qu'on le voit, mais parce qu'on voit un va-et-vient régulier à un point fixe de la façade : une fente sous une tuile, un trou de 1 à 2 centimètres dans un enduit, le dessous d'une glissière de volet, une aération de vide sanitaire, une entrée dans le sol au pied d'une haie.
Les guêpes ne creusent pas et ne percent pas le bâti sain : elles occupent un volume qui existe déjà. C'est pourquoi les emplacements se répètent d'une maison à l'autre — coffre de volet roulant, comble non aménagé, cabanon, isolation accessible, sous-face de terrasse, composteur, talus. Le point commun est toujours le même : un volume obscur, sec, protégé, avec une seule ouverture praticable.
À son maximum, une colonie de guêpe commune compte plusieurs milliers d'individus. Deux choses changent alors dans leur comportement. La première est alimentaire : les larves ne réclament plus de protéines une fois que la ponte des futures reines et des mâles est lancée, et les ouvrières, qui étaient jusque-là des chasseuses d'insectes, se rabattent sur les sucres — fruits tombés, boissons sucrées, confitures, barbecues. C'est la raison unique pour laquelle les guêpes deviennent envahissantes à table fin août, et non une quelconque agressivité nouvelle. La seconde est défensive : plus la colonie est nombreuse, plus la réponse à une vibration, à une tondeuse, à une échelle posée contre la gouttière ou à une silhouette immobile devant l'entrée est massive. Une guêpe qui vous tourne autour ne vous attaque pas ; une dizaine qui sortent ensemble du même trou, si.
C'est à cette période que les nids situés dans un lieu de passage — porte d'entrée, balcon, aire de jeux, allée de garage, abords d'une école — cessent d'être une curiosité pour devenir un problème à traiter. Et c'est aussi la période où les tentatives de destruction improvisées tournent le plus mal.
Quatre gestes reviennent constamment, et tous aggravent la situation. Boucher l'entrée du nid : les guêpes ressortent par un autre point, souvent à l'intérieur du logement quand le nid est dans un mur ou un coffre de volet. Asperger l'entrée avec une bombe du commerce : la portée est courte, le produit n'atteint pas le cœur du nid, et vous vous retrouvez à un mètre d'une colonie alertée. Arroser, enfumer ou brûler : outre le risque d'incendie dans une charpente ou une isolation, cela déclenche exactement la réponse de défense qu'on cherchait à éviter. Intervenir de nuit en s'éclairant : il est vrai que l'activité est moindre après le coucher du soleil, mais le faisceau d'une lampe frontale est précisément ce que les insectes suivent.
Le reste relève du bon sens : ne pas rester immobile devant un trou d'envol, ne pas taper sur le support, ne pas faire vibrer une échelle appuyée à proximité, tenir enfants et animaux à distance, et fermer la fenêtre la plus proche si le nid est en façade.
Une piqûre isolée chez une personne non allergique provoque une douleur vive, une rougeur et un gonflement local qui régressent en quelques heures à quelques jours. L'Assurance Maladie, sur sa page « Piqûres de guêpes, abeilles, frelons et bourdons » (ameli.fr), décrit les gestes de base et surtout les situations qui ne relèvent pas de l'automédication.
Trois d'entre elles imposent d'appeler le 15 (ou le 112, le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes) sans attendre : les signes d'une réaction allergique générale — gonflement du visage ou de la gorge, gêne pour respirer ou pour avaler, urticaire sur tout le corps, malaise, perte de connaissance ; une piqûre dans la bouche ou dans la gorge, qui peut gonfler et gêner la respiration ; et les piqûres multiples, dont le seuil de gravité est beaucoup plus bas chez un enfant que chez un adulte. Une personne déjà diagnostiquée allergique au venin d'hyménoptères se voit prescrire une trousse d'urgence avec un stylo d'adrénaline auto-injectable : elle doit l'avoir sur elle en saison, et le fait de l'utiliser n'annule pas l'appel au 15.
Nous ne donnons aucun conseil médical au téléphone et nous ne posons aucun diagnostic : en cas de doute sur une réaction, c'est le 15 qu'il faut appeler, pas une entreprise de désinsectisation.
Les dernières semaines de la colonie sont celles où les jeunes reines et les mâles quittent le nid pour s'accoupler. Les mâles meurent, les ouvrières et la vieille fondatrice meurent avec les premiers froids, et seules les jeunes reines fécondées hivernent, dispersées, chacune de son côté. Le nid n'est pas réutilisé l'année suivante, ni par elles ni par d'autres : c'est une donnée constante de la biologie de ces espèces, et elle a une conséquence pratique nette. Un nid découvert en taillant une haie en février, en vidant un cabanon ou en rénovant des combles est un nid mort. Il ne demande aucun traitement. On le retire s'il gêne ou si la cavité doit être refermée, et le seul geste vraiment utile est de fermer le passage qui a servi d'entrée, pour qu'une fondatrice n'y revienne pas au printemps suivant.
Les guêpes sociales font partie des trois cas pour lesquels IDFG se déplace, avec le frelon européen et le frelon asiatique. Un nid loin des passages, en hauteur sur un pignon aveugle ou au fond d'un terrain, ne justifie pas forcément une intervention : la colonie mourra de toute façon à l'automne. Un nid dans un coffre de volet de chambre, au-dessus d'une porte, dans un mur creux donnant sur l'intérieur ou au ras d'un lieu fréquenté est une autre affaire, et c'est le cas le plus fréquent. Entre les deux, la décision se prend sur trois éléments qu'on demande systématiquement au téléphone : l'emplacement exact, la hauteur, et ce qu'il y a autour. Une photo, même floue et prise de loin, tranche souvent plus vite qu'une description.
Mise à jour : 19 septembre 2026
Identification au téléphone, forfait annoncé avant de partir.