Glossaire
Cycle et périodes : la saison des guêpes et frelons
Presque toutes les questions que se pose un particulier ont une réponse de calendrier. Pourquoi les guêpes tournent autour des assiettes en septembre et pas en juin, pourquoi un nid découvert à Noël ne demande rien, pourquoi un gros insecte engourdi traverse un salon en février, pourquoi le frelon asiatique se repère en octobre alors qu'il était là depuis mai : ce sont des étapes d'un cycle unique, toujours le même, décalé de quelques semaines selon la météo de l'année. Les entrées ci-dessous découpent ce cycle dans l'ordre où il se déroule. Le récit continu, mois par mois, figure dans la page espèce les guêpes ; ici, chaque étape est définie pour elle-même.
De l'hiver au printemps
Hivernation (diapause) des reines
Période de vie ralentie que traversent les seules survivantes de la colonie : les jeunes reines fécondées à l'automne. Elles s'isolent sous une écorce, dans un tas de bois, une fente de charpente, un grenier, parfois dans un pli de rideau ou derrière un volet d'une pièce non chauffée, et y restent engourdies jusqu'au printemps. Le reste de la colonie — ouvrières, mâles, ancienne reine — est mort. C'est ce qui explique un appel classique entre novembre et mars : un très gros insecte lent découvert dans une maison. Il n'annonce aucun nid et ne justifie aucun traitement. Un chauffage qui redémarre l'a simplement réveillée trop tôt. Le geste utile est de la recueillir avec un verre et un carton et de la libérer dehors, à l'abri.
Fondation du nid
Étape d'avril et de mai. La reine sortie d'hivernation cherche un site sec, sombre et pourvu d'une seule ouverture, puis construit seule un court pédoncule et les premières alvéoles. Elle pond, chasse, nourrit ses larves et les couve : pendant six à huit semaines, elle assume à elle seule tous les rôles de la colonie. Le nid atteint la taille d'une balle de ping-pong. C'est la période où une destruction est la plus simple — un insecte au lieu de plusieurs milliers — et de très loin la moins sollicitée, parce que le nid est presque invisible. On ne le découvre qu'en taillant une haie, en ouvrant un abri resté fermé tout l'hiver ou en démontant un caisson. Un printemps froid et pluvieux fait échouer une part importante de ces fondations.
Croissance de la colonie
Juin et juillet. Les premières ouvrières émergent et prennent le relais : la reine cesse de sortir et se consacre uniquement à la ponte. À partir de là, l'effectif et le volume du nid croissent de façon exponentielle, le nid doublant grossièrement toutes les deux à trois semaines. C'est l'étape la plus décisive du calendrier d'intervention : un nid repéré début juillet et un nid repéré fin août ne posent pas le même problème, alors que six semaines seulement les séparent. C'est aussi la période où les nids en cavité deviennent audibles — un grattement continu derrière un doublage ou dans un caisson — sans que rien ne soit encore visible dehors.
Le pic et la fin de saison
Pic de population
Août et septembre. La colonie atteint son effectif maximal, de plusieurs milliers d'individus chez la guêpe commune, et c'est à ce moment que se concentrent les demandes d'intervention comme les piqûres. Deux facteurs se cumulent : il y a beaucoup plus d'insectes qu'en juillet, et leur comportement a changé. Le seuil de défense du nid s'abaisse, la tolérance à une présence humaine proche diminue, et les ouvrières fréquentent des lieux qu'elles ignoraient — tables, poubelles, vergers. Un nid qui n'avait posé aucun problème pendant deux mois peut devenir inacceptable en quinze jours sans avoir bougé. L'explication du comportement est détaillée dans pourquoi les guêpes sont agressives en septembre.
Phase reproductive (sexués)
Fin d'été. Le nid cesse de produire des ouvrières et élève des mâles et de futures reines, dans des alvéoles plus grandes. Ce basculement a une conséquence comportementale immédiate et souvent mal comprise. Tant que la colonie élevait du couvain, les ouvrières chassaient des proies et recevaient en échange, des larves, une gouttelette sucrée. Quand le couvain s'arrête, cet échange cesse : les ouvrières n'ont plus de tâche, plus d'apport de sucre, et vont le chercher ailleurs — fruits tombés, boissons, confitures, poubelles. Les guêpes qui s'invitent à table en septembre ne sont donc pas devenues agressives : elles sont devenues désœuvrées et affamées de sucre.
Déclin et mort de la colonie
Octobre et novembre. Les jeunes reines quittent le nid, sont fécondées et partent hiverner. La reine fondatrice cesse de pondre et meurt, les ouvrières et les mâles meurent à leur tour, épuisés ou emportés par les premières gelées. Le nid n'est plus alimenté et se vide. En décembre, un nid de guêpes ou de frelons d'Île-de-France est mort. Il ne redémarre pas au printemps, aucune reine ne le réoccupe, et sa destruction ne présente donc aucune utilité. La seule raison de le retirer est esthétique ou matérielle — un nid volumineux dans des combles finit par s'effriter et salir. La page les frelons européens développe ce point pour l'espèce à laquelle il est le plus souvent opposé.
Effet des hivers doux et des canicules
Trois mécanismes sont documentés, et il faut s'en tenir là. Un hiver doux améliore la survie des reines en hivernation, donc le nombre de fondations possibles au printemps. Un printemps froid et pluvieux tue une large part des nids en fondation, la reine ne pouvant plus chasser ni couver. Une période chaude en été accélère la croissance des colonies survivantes et avance le calendrier de quelques semaines. Ce qu'on ne peut pas faire, c'est en tirer une prévision : annoncer une « année à guêpes » au mois de mars n'a aucun fondement, ces effets se compensant souvent. La bonne formulation est donc rétrospective — constater une saison précoce ou tardive — et jamais prédictive.
Deux cas particuliers
Essaimage (abeilles)
Division naturelle d'une colonie d'abeilles domestiques, au printemps et principalement en mai. La vieille reine quitte la ruche avec une partie des ouvrières ; le groupe se pose en grappe compacte et bourdonnante sur une branche, un volet, un poteau, le temps que des éclaireuses trouvent un logement définitif. Cette grappe est spectaculaire et presque toujours inoffensive : les abeilles sont gorgées de miel et n'ont aucun nid à défendre. Elle repart d'elle-même en général sous vingt-quatre à soixante-douze heures. C'est le seul événement du calendrier qui n'appelle ni destruction ni entreprise de désinsectisation : on prévient un apiculteur ou le syndicat apicole départemental, qui récupère l'essaim. Voir essaim d'abeilles.
Activité nocturne du frelon européen
Le frelon européen est le seul de nos hyménoptères sociaux à voler la nuit, et il est fortement attiré par les sources lumineuses. D'où la scène classique des nuits chaudes de juillet à septembre : un gros insecte qui cogne contre une vitre éclairée ou qui entre par une fenêtre ouverte et tourne autour d'une lampe. Ce n'est pas une attaque et ce n'est pas un signe qu'un nid se trouve dans la maison — un frelon en vol nocturne peut venir de plusieurs centaines de mètres. La conduite à tenir est d'éteindre la lumière de la pièce, d'ouvrir en grand et d'allumer à l'extérieur : l'insecte sort seul. Le frelon asiatique, lui, ne vole pas la nuit.
La synthèse
Calendrier francilien des hyménoptères
Repères mois par mois pour l'Île-de-France, à prendre comme un ordre et non comme des dates fixes. En mars, les reines de bourdons sont les premières visibles, cherchant un terrier. En avril et mai, les fondatrices de guêpes et de frelons bâtissent leurs premiers nids, et les nids primaires de frelon asiatique sont à leur stade le plus accessible. En mai, les essaims d'abeilles se posent. En juin et juillet, les colonies grossissent et deviennent audibles dans les cavités. En août et septembre, le pic de population concentre appels et piqûres. En octobre et novembre, les colonies déclinent pendant que la chute des feuilles révèle les nids secondaires de frelon asiatique. De décembre à février, il n'y a plus que des reines isolées en hivernation.
Autres catégories
Le reste du glossaire
- Toutes les catégories
- Espèces et biologie
- Anatomie du nid
- Piqûre et santé
- Techniques et matériel d'intervention
- Produits et réglementation
- Métier et certifications
- Confusions fréquentes
Mise à jour : 19 septembre 2026