Blog · Les espèces

Les bourdons : sept espèces protégées en IDF

Aucun bourdon n'est protégé nationalement ; l'arrêté du 22 juillet 1993 en protège sept en Île-de-France. Identifier, décider, pourquoi on n'y touche pas.

Un doute avec une guêpe ? Envoyez une photo, on tranche.

Une question mal posée, et une réponse qui engage

« Les bourdons sont-ils protégés ? » est une question qui revient souvent, et c'est aussi celle à laquelle presque tous les sites du secteur répondent de travers, dans un sens ou dans l'autre. Les uns affirment que le bourdon est protégé en France, ce qui est faux. Les autres proposent la destruction d'un nid de bourdons comme une prestation ordinaire, ce qui, en Île-de-France et pour certaines espèces, expose à des sanctions pénales lourdes. La réponse exacte tient en deux phrases et demande une vérification de terrain, que cette page déroule sous la forme d'un cheminement en cinq étapes : ce que vous observez, ce que dit le droit, ce qui arrive si vous ne faites rien, ce qu'il faut éviter, et ce que nous faisons de notre côté.

Étape 1 : est-ce vraiment un bourdon ?

Un bourdon est massif et velu. Le corps est large, comme empaqueté dans une fourrure dense, sans la taille de guêpe qui sépare nettement thorax et abdomen chez les Vespidés. Selon l'espèce et la caste, la taille va d'une dizaine de millimètres pour une petite ouvrière à plus de vingt-cinq pour une reine. Le vol est lourd, grave, bruyant, avec des arrêts en vol stationnaire devant les fleurs. La palette est faite de bandes de fourrure — noir, jaune pâle, roux, orangé — et se termine très souvent par un bout d'abdomen blanc, roux ou noir qui est le premier critère de tri entre espèces.

Ce qui n'est pas un bourdon : la guêpe commune, jaune vif, glabre, 12 à 17 millimètres, silhouette fine ; l'abeille domestique, plus petite, brun doré, moins velue ; le xylocope, ce gros insecte entièrement noir à reflets bleu violacé que l'on appelle « bourdon noir » et qui est en réalité une abeille solitaire perçant le bois mort, totalement inoffensive ; les syrphes, mouches mimétiques qui font du surplace. Et, dans l'autre sens, ce qui est signalé comme « nid de bourdons dans le sol » est très souvent un nid de guêpes terrestres : elles utilisent les mêmes cavités abandonnées de rongeurs, mais le va-et-vient est nettement plus rapide et les insectes plus petits et brillants.

Étape 2 : où est le nid, et depuis quand ?

Les bourdons n'ont pas de nid de papier. Ils occupent une cavité existante qu'ils garnissent de mousse, d'herbe sèche ou de matériaux d'isolation, et y bâtissent des amas irréguliers d'urnes de cire brunâtre — rien de la géométrie régulière des rayons d'abeilles ni des cellules hexagonales des guêpes. Trois emplacements couvrent l'essentiel des signalements franciliens : un terrier abandonné de campagnol, sous une touffe d'herbe, dans un talus ou sous une dalle, pour les espèces terricoles ; un nichoir à mésanges, un composteur, un tas de laine de verre, un coffre de volet roulant ou un abri de jardin pour les espèces qui cherchent une cavité surélevée ; plus rarement, l'isolation d'un plancher de comble.

La colonie est petite. Là où une colonie de guêpes se compte en milliers d'individus en septembre, un nid de bourdons dépasse rarement quelques centaines, souvent moins de cent selon l'espèce. Elle est aussi précoce : fondée dès mars ou avril par une reine hivernante, elle atteint son maximum en juin ou juillet et s'éteint souvent avant la fin de l'été, quand les colonies de guêpes ne sont pas encore à leur pic. Le nid n'est pas réoccupé l'année suivante.

Un doute entre cette espèce et une guêpe ? Appelez, on tranche.

Une photo prise de loin suffit. Si ce n'est pas nous, on vous le dit.

01 84 25 52 86Appeler maintenant

Étape 3 : ce que dit exactement le droit

Au niveau national, aucun bourdon n'est protégé. L'arrêté du 23 avril 2007 (nouvel onglet) fixant les listes des insectes protégés sur l'ensemble du territoire ne vise que des libellules, des orthoptères, des coléoptères et des lépidoptères : aucun hyménoptère n'y figure. Les affirmations selon lesquelles « les bourdons sont protégés en France » sont donc inexactes à ce niveau.

En Île-de-France, c'est différent, et c'est ce que presque personne ne dit. L'arrêté du 22 juillet 1993 (nouvel onglet) relatif à la liste des insectes protégés en région Île-de-France complétant la liste nationale est toujours en vigueur et protège sept espèces de bourdons, désignées dans le texte sous une nomenclature ancienne que l'on rattache aujourd'hui au genre Bombus : le bourdon des sables (Megabombus veteranus), le bourdon du trèfle (Megabombus subterraneus), le bourdon des friches (Megabombus ruderatus), le bourdon forestier (Megabombus sylvarum), le bourdon des clairières (Megabombus distinguendus), le bourdon variable (Megabombus humilis) et le bourdon rural (Pyrobombus cullumanus).

Pour ces sept espèces, sont interdits en tout temps la destruction ou l'enlèvement des œufs, des larves et des nymphes, la destruction, la capture, l'enlèvement et la perturbation intentionnelle des animaux, ainsi que leur transport, leur vente, leur achat et leur utilisation, morts ou vivants. L'article L. 415-3 du code de l'environnement (nouvel onglet) punit ces atteintes à une espèce protégée de trois ans d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende, l'amende étant doublée lorsque les faits sont commis dans le cœur d'un parc national ou dans une réserve naturelle.

Étape 4 : pourquoi c'est un vrai problème pratique, et pas une note de bas de page

On pourrait croire que ces sept espèces sont des raretés de prairie qu'on ne rencontre jamais chez soi. C'est précisément l'inverse qui rend le sujet délicat. Le bourdon variable, le bourdon forestier et le bourdon des sables nichent au sol, dans l'herbe, la mousse ou un terrier, c'est-à-dire exactement dans la situation qui fait appeler un professionnel — « un nid de bourdons dans le jardin ». Et ils ressemblent, pour un œil non exercé, au bourdon des champs, espèce commune et non protégée, avec les mêmes tons roux et jaunâtres.

Autrement dit, en Île-de-France, personne ne peut traiter un nid de bourdons au sol sans avoir d'abord déterminé l'espèce. Ce n'est pas une précaution de confort : c'est la seule façon de savoir si l'on se trouve devant une intervention licite ou devant un délit. Les espèces qui s'installent le plus souvent chez les particuliers — bourdon terrestre, bourdon des pierres, bourdon des arbres, bourdon des prés, bourdon des champs — ne sont pas protégées, mais le savoir en général ne dit rien du cas particulier qui est devant vous.

Étape 5 : ce qu'il faut faire, et ne pas faire

Dans l'immense majorité des situations, la bonne décision est de ne rien faire et d'attendre l'extinction naturelle de la colonie, qui intervient à la fin de l'été. Le bourdon est un pollinisateur majeur, y compris de cultures que l'abeille domestique visite mal, et sa colonie est sans avenir : elle ne se reconstituera pas au même endroit.

Trois gestes rendent la cohabitation possible pendant les quelques semaines qui restent. Délimiter une zone autour du trou d'envol et ne pas la traverser en poussant une tondeuse ou un taille-haie ; les bourdons ne défendent leur nid que très près, mais les vibrations les alertent. Dévier le passage plutôt que boucher l'entrée : obstruer une cavité n'élimine pas les insectes, cela les fait ressortir ailleurs, parfois à l'intérieur du logement. Et retirer le nid vide une fois l'automne venu, en refermant la cavité, si l'on ne veut pas qu'une reine la choisisse en avril prochain.

Quant à la piqûre, elle est rare : le bourdon ne pique que s'il est saisi, écrasé ou coincé sous un vêtement, et sa piqûre ne relève d'aucun traitement particulier hors réaction allergique. Comme pour les guêpes et les frelons, les signes qui imposent d'appeler le 15, ou le 112, ou le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes, sont décrits par l'Assurance Maladie sur sa page « Piqûres de guêpes, abeilles, frelons et bourdons » (nouvel onglet) (ameli.fr) : gonflement du visage ou de la gorge, gêne respiratoire, difficulté à avaler, urticaire généralisée, malaise, ainsi que toute piqûre dans la bouche ou la gorge. Nous ne délivrons aucun avis médical.

Notre position : nous n'intervenons pas sur les bourdons

IDFG limite son périmètre aux guêpes, aux frelons européens et aux frelons asiatiques. Les nids de bourdons n'en font pas partie, pour trois raisons qui se cumulent : la colonie meurt d'elle-même en quelques semaines, l'insecte rend un service écologique que la destruction supprime sans contrepartie, et l'identification à l'espèce exigée par l'arrêté de 1993 ne s'improvise pas devant un trou dans un talus.

Ce refus ne laisse pas sans réponse. Au téléphone, la première chose que nous cherchons à savoir est si vous avez bien affaire à des bourdons : la confusion avec des guêpes terrestres se lève en général en quelques questions, ou sur une photo, et s'il s'agit de guêpes ou de frelons, nous intervenons normalement. Si ce sont bien des bourdons et que la situation est réellement problématique — une allergie connue dans le foyer, un nid à l'entrée d'une crèche, un chantier qui ne peut pas attendre — l'interlocuteur pertinent n'est pas une entreprise de désinsectisation mais une structure naturaliste ou apicole capable d'identifier l'espèce et, le cas échéant, d'envisager un déplacement. La mairie et l'agence régionale de la biodiversité sont les points d'entrée pour savoir vers qui se tourner localement.

Mise à jour : 19 septembre 2026

Pas sûr que ce soit cette espèce ? Appelez, on tranche.

Une photo de loin suffit. Si ce n'est pas nous, on vous le dit et on ne vient pas.

  • Lundi – Vendredi 7h21h
  • Samedi – Dimanche 9h19h
01 84 25 52 867 jours sur 7
01 84 25 52 86Devis gratuit