Glossaire — Confusions fréquentes
Bourdon ou guêpe : le « gros nid de bourdons » d'août
Un appel typique de la mi-août : « j'ai un énorme nid de bourdons sous la terrasse, ça n'arrête pas d'entrer et de sortir ». Dans la quasi-totalité des cas, ce sont des guêpes. Le mot bourdon sert ici de catégorie familière pour « insecte gros et bruyant », et l'erreur oriente vers la mauvaise décision : on attend en croyant bien faire, ou l'on traite ce qu'il ne fallait pas.
Le critère qui tranche : le débit
Une colonie de bourdons compte de quelques dizaines à quelques centaines d'individus, jamais plus. Devant l'entrée d'un nid de bourdons, on voit passer un insecte de temps en temps — un toutes les minutes, parfois moins. Il n'y a pas de file, pas de couloir de vol, pas de flux.
Une colonie de guêpes en août atteint plusieurs milliers d'ouvrières. Devant l'entrée, on compte plusieurs passages par minute, dans les deux sens, avec une trajectoire d'approche que l'on voit se dessiner en l'air.
Un va-et-vient continu et impressionnant est donc, à lui seul, une réponse : ce sont des guêpes. Posez-vous à distance et comptez sur une minute, montre en main, un jour chaud.
Le calendrier confirme. Une colonie de bourdons est précoce : elle démarre dès février ou mars et s'éteint souvent dès juillet. En août, la plupart ont déjà terminé leur cycle, au moment précis où les guêpes atteignent leur maximum d'effectif.
L'insecte, si vous le voyez de près
Le bourdon est rond, court, massif, entièrement velu, avec une fourrure épaisse rayée de noir et de jaune et souvent terminée de blanc ou de roux. Son vol est lourd, bruyant, grave, et il se pose volontiers sur une fleur en s'y accrochant longuement.
La guêpe est fine, lisse, brillante, d'un jaune vif tranché de noir, avec une taille étranglée. Son vol est sec, rapide, nerveux, et elle change de direction sans prévenir.
Le nid, si vous le voyez
Un nid de bourdons n'est pas une construction de papier : c'est une cavité garnie — un ancien terrier de rongeur, une touffe d'herbe sèche, un tas de mousse, un composteur, parfois un coffre de volet rempli d'isolant. On y trouve une poignée de logettes de cire irrégulières et grossières, jamais un ouvrage régulier.
Un nid de guêpes est en carton de cellulose gris, strié de bandes concentriques, et sa géométrie est visible : c'est le critère développé dans reconnaître un nid.
Ce que chaque réponse impose
Si ce sont des guêpes, une intervention se discute selon l'emplacement — surtout un nid au sol près d'une tondeuse ou d'un passage, qui est la configuration la plus accidentogène de la saison.
Si ce sont des bourdons, nous n'intervenons pas. Notre périmètre couvre les guêpes, les frelons européens et les frelons asiatiques, pas les bourdons ni les abeilles. Ce refus n'est pas seulement une question de choix : en Île-de-France, sept espèces de bourdons sont protégées par l'arrêté du 22 juillet 1993, plusieurs d'entre elles nichent au sol, et la destruction d'une espèce protégée est sanctionnée par l'article L415-3 du code de l'environnement — sans qu'on puisse, devant un trou, savoir laquelle on a sous les yeux.
La conduite à tenir est développée dans les bourdons : la colonie s'éteint d'elle-même à la fin de l'été, le nid n'est jamais réutilisé, et attendre est la réponse qui marche. Pour un essaim d'abeilles, en revanche, l'interlocuteur est le syndicat apicole de votre département, qui tient la liste des apiculteurs récupérateurs.
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Mise à jour : 20 septembre 2026