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Nid de bourdons dans le sol : identifier avant tout

Un trou dans la pelouse d'où sortent de gros insectes velus : bourdons ou guêpes terrestres ? Le tri se fait en deux minutes, et la réponse n'est pas la même.

Le même trou, deux situations opposées

Une bouche de deux centimètres au pied d'un talus, sous une dalle de terrasse, dans un tas de compost ou au milieu d'une pelouse sèche : c'est la découverte la plus fréquente du printemps francilien, et c'est aussi celle qui se trompe le plus souvent de nom. Derrière ce trou, il peut y avoir une colonie de bourdons — auquel cas il n'y a rien à faire, et rien qui puisse légalement être fait sans une identification préalable — ou une colonie de guêpes germaniques, auquel cas la situation se dégradera de semaine en semaine jusqu'en septembre.

Les deux insectes utilisent exactement les mêmes cavités : un ancien terrier de campagnol ou de mulot, un vide sous une pierre, un espace ménagé sous une marche d'escalier extérieur, un tas de tontes. Aucun des deux ne creuse. Ils réemploient. C'est pourquoi l'emplacement ne renseigne sur rien, et pourquoi il faut regarder ce qui sort.

Ce qui se voit depuis trois mètres

Restez à distance, asseyez-vous, et observez la bouche d'envol pendant deux ou trois minutes. Quatre indices se lisent sans approcher.

Le débit. Une colonie de guêpes à la fin du printemps produit un trafic serré et nerveux, plusieurs insectes par seconde aux heures chaudes, avec des entrées en ligne droite, presque à la verticale du trou. Une colonie de bourdons produit un trafic clairsemé : quelques individus par minute, parfois moins d'un. Un nid de bourdons n'atteint que quelques dizaines à quelques centaines d'individus là où une colonie de guêpes se compte par milliers.

La silhouette au vol. Le bourdon est trapu, épais, entièrement couvert d'une fourrure dense qui brouille le contour du corps ; il vole lourdement, en descendant se poser lentement devant l'orifice, souvent avec un temps d'hésitation. La guêpe est fine, brillante, avec une séparation très nette entre le thorax et l'abdomen, et elle entre sans ralentir.

La couleur des pattes arrière. C'est le détail qui tranche le plus vite au retour. Un bourdon qui rentre au nid en pleine saison porte fréquemment une pelote de pollen compacte, orange, jaune ou grise, collée sur la face externe du tibia postérieur. Une guêpe ne rapporte jamais de pollen : elle rapporte de la chair d'insecte ou de la fibre de bois, invisible à cette distance.

Le bruit. Le bourdon produit un vrombissement grave, presque musical, audible à un ou deux mètres. La guêpe produit un son plus aigu et plus sec.

Si le doute persiste, une photographie prise au zoom depuis l'intérieur ou depuis plusieurs mètres suffit presque toujours : la méthode est détaillée dans identifier un insecte sur photo, et les critères de tri sont repris dans bourdon ou guêpe.

Le calendrier, deuxième indice décisif

Les deux colonies ne vivent pas au même rythme, et la date de la découverte renseigne presque autant que l'insecte.

Une reine de bourdon fonde dès février ou mars, selon la douceur de l'hiver. La colonie atteint son maximum en juin ou juillet, puis décline et s'éteint fréquemment avant la fin du mois d'août. Un trou très actif en avril, quand rien d'autre ne vole encore beaucoup, est donc plus souvent un nid de bourdons.

Une colonie de guêpes démarre plus tard, monte en puissance jusqu'en août et devient réellement gênante en septembre. Un trou dont l'activité s'intensifie après la mi-juillet, dans lequel le trafic devient continu et dont les occupants commencent à s'intéresser à la table du jardin, n'est pas un nid de bourdons. Les conduites à tenir dans ce cas sont réunies dans nid de guêpes dans le sol.

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Pourquoi l'identification n'est pas facultative en Île-de-France

C'est le point que presque aucun site du secteur ne mentionne, et il change tout pour un nid au sol.

Aucun bourdon n'est protégé au niveau national : l'arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des insectes protégés sur l'ensemble du territoire ne vise aucun hyménoptère. Mais l'arrêté du 22 juillet 1993 (nouvel onglet) relatif à la liste des insectes protégés en région Île-de-France, toujours en vigueur, protège sept espèces de bourdons. Trois d'entre elles — le bourdon variable, le bourdon forestier et le bourdon des sables — nichent au sol, dans l'herbe, la mousse ou un terrier abandonné. C'est-à-dire précisément dans la configuration décrite par cette page.

Autrement dit, la situation qui produit le plus d'appels est aussi celle où le risque juridique est le plus élevé. Détruire une colonie appartenant à l'une de ces sept espèces expose aux peines de l'article L. 415-3 du code de l'environnement (nouvel onglet) : trois ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende. Et déterminer un bourdon à l'espèce suppose d'examiner un individu en main, pas de regarder un orifice dans un talus. Le détail du texte et des sept espèces est dans bourdons protégés en Île-de-France.

Si ce sont bien des bourdons : la cohabitation, pas le traitement

La bonne nouvelle tient en une phrase : la colonie meurt d'elle-même, à la fin de l'été, et le nid ne sera pas réoccupé l'année suivante. Il n'y a donc rien à financer, rien à traiter, et une échéance connue.

Trois précautions rendent les quelques semaines restantes sans conséquence. Marquez la zone d'envol avec un piquet ou un pot retourné à un mètre de l'orifice, pour que personne ne tonde ni ne débroussaille dessus : ce sont les vibrations, jamais le passage à pied, qui déclenchent une défense. Déviez le cheminement du jardin d'un ou deux mètres plutôt que de contourner au dernier moment. Et n'obstruez surtout pas l'orifice : boucher une cavité ne tue personne, cela force les insectes à chercher une autre sortie, parfois du côté de la maison si le vide communique avec un vide sanitaire ou une gaine.

À l'automne, quand plus rien ne sort pendant une semaine complète de beau temps, la cavité peut être comblée à la terre ou au gravier. C'est le seul geste utile, et il est préventif : il empêche une fondatrice de la choisir au printemps suivant.

Ce que nous faisons, et ce que nous ne faisons pas

IDFG traite les guêpes, les frelons européens et les frelons asiatiques, et rien d'autre. Nous ne détruisons pas de nids de bourdons, pour les raisons ci-dessus : la colonie s'éteint seule, l'identification à l'espèce n'est pas réalisable dans les conditions d'une intervention, et le bourdon est un pollinisateur que rien ne justifie de supprimer.

En revanche, le premier travail de l'appel est exactement celui de cette page : savoir ce qu'il y a dans le trou. La confusion se lève en général en quelques questions, ou sur une photographie. S'il s'agit de guêpes terrestres, nous intervenons normalement, au forfait de 129 € TTC en semaine et 189 € TTC le week-end — un nid au sol est le cas le plus simple de notre périmètre, puisque la question de la hauteur ne se pose pas. S'il s'agit de bourdons, l'appel se termine sans facture et avec la conduite à tenir décrite plus haut. Le cadre complet de notre position est dans les bourdons.

Mise à jour : 20 septembre 2026

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