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Bourdon mâle ou femelle : lequel pique ?
Seules les femelles possèdent un dard, et les mâles sont nombreux en fin d'été. Comment les distinguer, et pourquoi le bourdon pique bien moins qu'on ne le croit.
Une règle simple, valable pour tous les hyménoptères
Le dard n'est pas une arme surajoutée : c'est un organe de ponte modifié. Chez les guêpes, les abeilles et les bourdons, l'aiguillon dérive de l'ovipositeur, la pièce anatomique qui sert chez d'autres insectes à déposer les œufs. La conséquence est mécanique et sans exception : un mâle n'a pas de dard, et ne peut pas piquer. Il peut se débattre, vibrer, tenter de replier l'abdomen dans un réflexe qui imite parfaitement le geste de piquer, mais rien n'en sort.
Cette règle a une portée pratique plus grande qu'il n'y paraît chez le bourdon, parce que la proportion de mâles dans ce qui vole change beaucoup au fil de la saison.
Trois castes, pas deux
Une colonie de bourdons compte trois sortes d'individus, et elles n'apparaissent pas en même temps.
La reine fondatrice est une femelle. Elle sort d'hivernage en février ou mars selon la douceur de l'année, cherche une cavité, bâtit seule les premières urnes de cire et élève la première génération. C'est le plus gros individu de l'espèce — jusqu'à plus de vingt-cinq millimètres chez les grandes espèces — et c'est elle qu'on voit voler lourdement et bas au-dessus des pelouses au tout début du printemps, apparemment seule.
Les ouvrières sont des femelles également, issues des œufs de la reine. Elles butinent, entretiennent le nid et en défendent l'entrée. Elles sont plus petites que la reine, parfois beaucoup, et leur taille varie fortement au sein d'une même colonie. Ce sont elles qu'on croise du printemps au milieu de l'été.
Les mâles n'apparaissent qu'en fin de cycle, généralement à partir de juillet, quand la colonie produit sa génération reproductrice. Ils quittent le nid et n'y retournent jamais. Leur unique fonction est de s'accoupler avec les jeunes reines, après quoi ils meurent.
Le calendrier suffit donc déjà à orienter. Un bourdon rencontré en mars ou en avril est presque certainement une femelle. Un bourdon qui dort sur une fleur au petit matin de fin août, immobile, engourdi, parfois un peu pelé, est très probablement un mâle.
Comment les distinguer à l'œil
Plusieurs critères se lisent sur un individu posé sur une fleur, sans manipulation.
Les pattes arrière. C'est le meilleur indice, et il fonctionne à distance. La femelle possède sur le tibia postérieur une corbeille à pollen : une surface lisse, légèrement concave, bordée de longs poils raides, souvent chargée d'une pelote colorée bien visible. Le mâle n'a pas cette corbeille ; sa patte arrière est poilue de façon uniforme et ne porte jamais de pelote.
Le comportement. Une femelle butine avec méthode et repart vers un point fixe : elle rentre au nid. Un mâle traîne, patrouille le long d'une haie, revient sur les mêmes fleurs, se pose longuement et passe la nuit dehors — sur une ombelle, un chardon, une inflorescence de lierre.
La pilosité du visage. Chez beaucoup d'espèces, les mâles portent des poils clairs ou jaunes sur la face et une touffe plus fournie entre les antennes, là où les femelles ont une face plus sombre. Le critère est réel mais varie d'une espèce à l'autre.
Les antennes et l'abdomen. Les mâles ont des antennes d'un article plus long que les femelles, et un segment abdominal visible de plus. Ce sont les critères des entomologistes ; ils demandent un insecte en main et une loupe, et ne servent à rien dans un jardin.
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Ce que pique réellement une femelle
Savoir qu'un mâle ne pique pas est rassurant, mais l'essentiel est ailleurs : le bourdon femelle lui-même pique très peu.
Contrairement aux guêpes et aux frelons, une colonie de bourdons ne défend qu'un rayon très court autour de l'entrée du nid, et son effectif se compte en dizaines ou en quelques centaines d'individus, jamais en milliers. En dehors du nid, un bourdon en train de butiner ne défend rien du tout : il ne s'intéresse ni aux tables, ni au sucre, ni à la viande, et il ne réagit pas au mouvement d'une main qui passe. Les piqûres, dans les faits, surviennent presque toujours dans trois circonstances : l'insecte est saisi à pleine main, il est écrasé sous un pied nu ou sous un vêtement, ou il est coincé dans un pli de tissu.
Une différence anatomique mérite d'être connue : le dard du bourdon est lisse, comme celui des guêpes et à la différence de celui de l'abeille domestique. Il ne reste donc pas planté dans la peau, l'insecte ne meurt pas, et il peut piquer plusieurs fois. En contrepartie, il n'y a jamais de dard à extraire après une piqûre de bourdon.
La piqûre, et quand il faut appeler
Pour une personne non allergique, une piqûre de bourdon produit une douleur vive, une rougeur et un gonflement local qui se résorbent en quelques heures à quelques jours. Elle ne relève d'aucun traitement particulier.
Le sujet réel, comme pour tous les hyménoptères, est la réaction allergique. Les signes qui imposent d'appeler le 15, ou le 112, ou le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes, sont décrits par l'Assurance Maladie sur sa page « Piqûres de guêpes, abeilles, frelons et bourdons » (nouvel onglet) : gonflement du visage ou de la gorge, gêne respiratoire, difficulté à avaler, urticaire généralisée, malaise, ainsi que toute piqûre dans la bouche ou dans la gorge. Nous ne délivrons aucun avis médical, et le fait que l'insecte soit un bourdon plutôt qu'une guêpe ne change rien à ces critères.
Une confusion fréquente : le « bourdon » qui n'en est pas un
Beaucoup de questions sur le sexe d'un bourdon portent en réalité sur un autre insecte. Le gros insecte entièrement noir à reflets bleu-violet qui perce le bois d'une pergola est un xylocope, une abeille solitaire sans colonie : le sujet est traité dans le xylocope. Le gros insecte roux et noir qui vole au crépuscule autour d'une fenêtre éclairée est un frelon européen. Et l'insecte velu qui fait du surplace devant une fleur sans jamais se poser est souvent un syrphe, une mouche inoffensive et dépourvue de dard dans les deux sexes.
Les critères qui séparent un vrai bourdon d'une guêpe sont réunis dans bourdon ou guêpe, et la conduite à tenir devant un nid dans les bourdons.
Notre position, en une phrase
IDFG n'intervient pas sur les bourdons, mâles comme femelles, et ne traite que les guêpes, les frelons européens et les frelons asiatiques. La raison n'est pas le niveau de risque, qui est faible : elle tient à ce que la colonie s'éteint seule à la fin de l'été et à ce que sept espèces de bourdons sont protégées en Île-de-France par l'arrêté du 22 juillet 1993, sans qu'aucune identification fiable soit possible devant le nid.
Si le doute porte sur l'espèce plutôt que sur le sexe, appelez : c'est une question que l'on nous pose souvent, et elle se règle au téléphone.
Mise à jour : 20 septembre 2026
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