Glossaire · Espèces et biologie

Xylocope : la grosse abeille noire à reflets bleus

Un insecte énorme, sombre et bruyant, que tout le monde prend pour un frelon noir. C'est une abeille solitaire, inoffensive, et nous n'intervenons pas dessus.

Xylocopa violacea est le plus gros hyménoptère qu'on puisse voir dans un jardin francilien : jusqu'à 3 cm, entièrement noir, velu, avec des ailes sombres qui prennent des reflets violets ou bleus au soleil. Son vol est lourd et très sonore.

Elle terrorise, et elle n'a jamais fait de mal à personne.

Pourquoi elle effraie

Trois raisons se cumulent : la taille, la couleur, le bruit. Un insecte noir de trois centimètres qui passe en vrombissant à hauteur de visage ne ressemble à rien de connu, et le cerveau conclut « frelon ». Le surnom local de « bourdon noir » ou de « frelon noir » circule d'ailleurs largement.

Or ni l'un ni l'autre n'existe sous cette forme. Un frelon européen est roux et jaune, un frelon asiatique a le thorax noir mais un abdomen à anneau orange et des pattes jaunes au bout. Un insecte entièrement noir avec des ailes sombres n'est ni l'un ni l'autre.

Ce qu'elle est réellement

Une abeille solitaire. Pas de colonie, pas de reine, pas d'ouvrières, pas de nid collectif à défendre. Chaque femelle travaille pour elle-même.

Elle ne fabrique pas de nid de papier ni de cire : elle creuse une galerie dans du bois mort et sec — poutre non traitée, traverse de pergola, piquet de clôture, bois de chauffage, vieux volet, branche morte. Elle y aménage des loges séparées par des cloisons de sciure agglomérée, dépose du pollen et un œuf dans chacune.

Le signe visible est un trou parfaitement rond, d'environ un centimètre, aux bords nets, comme percé à la mèche. C'est souvent ce trou, plus que l'insecte, qui déclenche l'appel.

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Piquer : possible, mais pratiquement jamais observé

La femelle possède un aiguillon et peut piquer si on la saisit à pleine main ou si on l'écrase contre la peau. En dehors de ces deux gestes, elle n'a aucune raison de le faire : elle ne défend pas de colonie, donc elle n'a rien à défendre.

Le mâle, qui est celui qu'on voit patrouiller bruyamment et foncer vers les intrus, est dépourvu d'aiguillon. C'est l'exact inverse de l'impression qu'il donne.

Notre réponse

Nous n'intervenons pas. Les abeilles, au même titre que les bourdons, sont hors de notre périmètre — guêpes, frelons européens et frelons asiatiques, rien d'autre. Et il n'y aurait de toute façon rien à traiter : un insecticide employé contre une abeille solitaire pollinisatrice est un mauvais geste sans bénéfice.

La conduite à tenir est développée dans les abeilles.

Si les galeries abîment vraiment une pièce de bois

Les dégâts restent limités — quelques galeries dans une pièce déjà morte et sèche —, mais ils peuvent gêner sur du bois d'ouvrage.

La réponse est mécanique et se fait hors saison, en hiver, quand les loges sont vides : reboucher les galeries à la pâte à bois, puis protéger la pièce par une lasure ou une peinture. Une surface traitée et lisse ne l'intéresse plus. Laisser à côté une bûche ou un rondin mort lui offre une alternative, ce qui règle la question sans rien tuer.

Ne calfeutrez jamais un trou en pleine saison : vous emmurez des larves dans une pièce que vous voulez garder intacte, et elles ressortiront en perçant ailleurs.

Mise à jour : 20 septembre 2026

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