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Nid de guêpes : locataire ou propriétaire, qui paie ?

Aucun texte ne tranche. Ce que dit vraiment le décret du 26 août 1987, pourquoi la liste des réparations locatives ne règle rien.

La réponse courte, puis la réponse honnête

La réponse courte, celle que tout le monde cherche : dans la majorité des logements loués, une colonie installée dans la structure du bâtiment relève du bailleur, une colonie installée dans un élément dont l'occupant a la jouissance et l'entretien relève plutôt de lui. La réponse honnête tient en une phrase de plus : aucun texte français ne désigne nommément le payeur d'une destruction de nid entre un bailleur et son locataire. Ce que l'on présente parfois sur internet comme une règle établie est en réalité une interprétation, plus ou moins solide selon les cas, de textes qui parlent d'autre chose.

Autant le savoir dès maintenant, parce que cela change la façon de s'y prendre. Puisque la règle n'est pas écrite, ce n'est pas en citant un article de loi que l'on gagne la discussion : c'est en documentant l'endroit exact où se trouvait la colonie. Cette page explique quels textes existent, ce qu'ils disent réellement, et dans quel ordre agir. Elle ne remplace pas la lecture de votre bail et ne constitue pas un avis juridique sur votre situation.

Les deux textes que l'on cite, et ce qu'ils disent vraiment

Le premier est le décret n° 87-712 du 26 août 1987 (nouvel onglet), pris pour l'application de l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989 : il fixe la liste des réparations locatives, celles qui incombent à l'occupant. Deux choses méritent d'être sues à son sujet. D'abord, son annexe ne mentionne à aucun endroit la destruction d'un nid d'insectes : ni les guêpes, ni les frelons, ni aucun hyménoptère n'y figurent. Ensuite, cette liste est explicitement présentée comme indicative, ce qui signifie qu'un juge peut y rattacher une dépense qui n'y est pas nommée, dès lors qu'elle relève de la même logique — l'entretien courant et les menues réparations liées à l'usage normal des lieux. C'est de là que vient toute l'ambiguïté : le texte ne dit pas non, il ne dit pas oui, il laisse un raisonnement à faire.

Le second est la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 (nouvel onglet), qui organise la copropriété et partage l'immeuble en parties privatives et parties communes. Elle ne parle pas du tout de la relation entre bailleur et locataire : elle répond à une autre question, celle de savoir si la dépense est supportée par un copropriétaire ou par le syndicat. Si votre logement est dans un immeuble, cette question-là se pose avant la vôtre, et elle est traitée dans l'article consacré à la copropriété. L'ordre est important : inutile de négocier avec votre bailleur une dépense qui, en réalité, incombe au syndicat.

À côté de ces deux textes se trouve l'obligation générale du bailleur, souvent la plus pertinente en pratique : délivrer un logement décent et en assurer la jouissance paisible pendant toute la durée du bail. Un nid dans la chambre d'un enfant, une colonie qui rend une terrasse inutilisable ou un flux d'insectes entrant par une gaine technique n'ont rien d'un désagrément d'entretien courant — et un logement dont une pièce ne peut plus être occupée cesse d'être délivré tel qu'il a été loué.

L'emplacement, seul critère qui tranche en pratique

Puisque les textes ne nomment personne, ce sont les faits qui décident, et un seul fait compte : où exactement la colonie était-elle installée ? Non pas « dans le jardin » ou « sur la façade », mais à l'endroit précis, celui qu'une photo montre.

Trois familles de situations se dégagent, sans qu'aucune constitue une règle opposable.

La colonie logée dans le bâti — sous les tuiles, dans une cavité de façade, dans un coffre de volet encastré, dans une gaine, dans un conduit de cheminée, dans une isolation — touche au clos et au couvert, c'est-à-dire à ce que le bailleur doit maintenir. C'est la configuration où la demande adressée au propriétaire est la plus naturelle, et celle où un défaut d'entretien du bâti est le plus souvent en cause : une rive descellée, une grille d'aération manquante, un joint ouvert.

La colonie installée dans un équipement ou un espace dont l'occupant a l'usage exclusif et l'entretien — une jardinière, un tas de bois, un barbecue remisé, un abri de jardin que le locataire a rempli, un composteur — se rattache plus naturellement à l'entretien courant. Rien ne l'impose ; c'est simplement le raisonnement le plus probable.

La colonie installée dans un arbre, une haie ou le sol du terrain loué est la zone grise. L'entretien courant du jardin relève du locataire dans la plupart des baux de maison, mais détruire un nid de frelons dans un tilleul de huit mètres n'est ni de l'élagage ni de la tonte : c'est une intervention qu'aucun occupant n'est en état d'assumer lui-même, ce qui la sort du champ des menues réparations.

Un nid chez vous ? Décrivez-le, on vous dit quoi faire.

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L'ordre des opérations, qui compte plus que le droit

L'erreur la plus fréquente ne porte pas sur le raisonnement juridique, elle porte sur la chronologie. Un occupant piqué chez lui appelle une entreprise, paie, puis demande le remboursement. La demande arrive alors sans preuve de l'emplacement, sans accord préalable, et elle n'aboutit presque jamais. Voici l'ordre qui protège.

1. Signalez par écrit, avant tout. Un courriel ou une lettre au bailleur ou à l'agence, daté, avec une photo prise de loin, la description de l'endroit en une phrase précise, et la mention du risque s'il existe — passage obligé, fenêtre de chambre, personne allergique dans le foyer, jeune enfant. Ce message est la pièce maîtresse de toute la suite. Sans lui, il n'y a plus de discussion, seulement une facture.

2. Laissez au bailleur la possibilité d'agir. Beaucoup de propriétaires règlent la chose immédiatement, surtout lorsqu'il s'agit du bâti dont ils sont responsables. Certains disposent déjà d'une garantie d'assistance rattachée à leur assurance de propriétaire non occupant, qui impose d'appeler leur plateforme avant toute intervention.

3. Si le risque est immédiat, faites intervenir, mais écrivez-le avant. Une colonie au-dessus de la porte d'entrée d'un logement où vit un enfant ne peut pas attendre un échange de courriers. Prévenez par écrit que vous faites procéder à la destruction et que vous demanderez la prise en charge, puis exigez une facture détaillée mentionnant l'espèce et l'emplacement exact. C'est cette ligne, et elle seule, qui rendra la discussion possible ensuite : une fois le nid détruit, plus personne ne peut vérifier où il était.

4. Réglez la répartition après. Si l'accord ne se fait pas, la conciliation est gratuite : conciliateur de justice, ou commission départementale de conciliation pour les litiges locatifs. Une dépense de cet ordre ne justifie à peu près jamais une procédure.

Trois cas particuliers qui reviennent

Le meublé de tourisme et la location saisonnière. L'occupant n'est ici qu'un voyageur : la remise en état du logement loué relève entièrement du loueur, qui ne peut pas plus lui imputer un nid de guêpes qu'une chaudière en panne.

L'état des lieux de sortie. Un nid découvert à la sortie ne peut pas être retenu sur le dépôt de garantie au titre d'une dégradation : une colonie n'est pas un dommage causé par l'occupant, c'est un fait naturel. La retenue suppose une dégradation imputable, et il n'y en a pas.

Le nid chez le voisin qui gêne chez vous. Ni votre bailleur ni vous n'avez de pouvoir sur la propriété voisine. La démarche est amiable d'abord, et le maire peut être saisi au titre de la salubrité ; mais la dépense reste celle du propriétaire du terrain où se trouve la colonie.

Ce qui ne change pas, quel que soit le payeur

L'entreprise qui intervient ne tranche pas cette question et n'a pas à la trancher : elle facture la personne qui a commandé. La seule chose à fixer avant le déplacement, c'est donc le nom qui figurera sur la facture, car il ne se rattrape pas ensuite. Chez IDFG, le forfait est identique quel que soit le commanditaire, particulier, bailleur, agence ou gestionnaire, et il est publié sur la page tarifs ; le destinataire de la facture se convient pendant l'appel, comme le décrit la page comment se passe une intervention. Les définitions et les références de textes utilisées ici figurent dans l'entrée qui paie du glossaire.

Mise à jour : 19 septembre 2026

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