Glossaire · Espèces et biologie
Reine fondatrice : celle dont dépend toute la colonie
Une femelle fécondée sortie d'hivernage bâtit seule, pond seule, nourrit seule ses premières filles. Ce que ce goulot d'étranglement change en avril et en mai.
Chez les guêpes et les frelons, tout repose au départ sur un seul individu. La reine fondatrice est une femelle fécondée l'automne précédent, qui a passé l'hiver seule dans un abri et qui, au redoux, va tenter de créer une colonie à partir de rien.
Ce qu'elle fait entre mars et juin
Elle sort d'hivernage, se nourrit, cherche un site, puis assume simultanément tous les rôles que se partageront plus tard des milliers d'ouvrières.
Elle mâche du bois pour fabriquer le papier, bâtit un pédoncule et une première poignée d'alvéoles, pond, chasse pour nourrir les larves, régule la température du couvain, défend l'ouvrage. Pendant plusieurs semaines, elle ne délègue rien.
Quand les premières ouvrières émergent, la bascule est nette : elles reprennent la construction et le ravitaillement, et la reine cesse de sortir. Elle ne fera plus que pondre.
Le goulot d'étranglement
Cette période où la colonie tient en un seul corps est sa grande fragilité, et elle explique deux faits qu'on observe tous les ans.
D'abord, l'énorme majorité des fondatrices échoue. Un printemps froid et pluvieux, un prédateur, une nuit de gel tardif, un site qui s'effondre : la plupart des nids ébauchés n'atteindront jamais l'été. C'est aussi pourquoi le nombre de nids varie tant d'une année à l'autre, indépendamment de ce que fait quiconque.
Ensuite, c'est ce qui donne au printemps son rendement d'intervention si particulier. Supprimer une fondatrice en mai, c'est supprimer une colonie entière avant qu'elle n'existe — c'est le raisonnement détaillé dans nid primaire et dans la fondation du nid.
Un nid chez vous ? Décrivez-le, on vous dit quoi faire.
Forfait annoncé avant de partir, 7 jours sur 7.
Reine ou ouvrière : les distinguer
Au printemps, la question ne se pose pas : tout ce qui vole en avril est une fondatrice, puisqu'aucune ouvrière n'est encore née. Un gros frelon en avril est forcément une reine.
En pleine saison, la reine est plus grande que ses filles — nettement, chez les frelons — mais elle ne sort plus du nid. Un insecte que vous voyez dehors en juillet est donc, en pratique, une ouvrière.
À l'automne, de nouvelles reines émergent en même temps que les mâles. Elles sont plus grosses que les ouvrières et on les rencontre sur les fleurs tardives ou le lierre, en train de faire des réserves avant l'hivernage.
Une méprise à éviter
Tuer « la reine » n'est pas une méthode utilisable sur un nid en été. Elle est au cœur de l'ouvrage, invisible, et sa disparition ne disperse pas la colonie : les ouvrières continuent de vivre et de défendre le nid pendant des semaines. Un traitement agit sur l'ensemble des individus par contact, pas sur une cible unique — voir le délai d'action.
La seule saison où viser l'individu a un sens, c'est le printemps, quand cet individu est toute la colonie.
Et les reines d'automne ?
Une colonie produisant plusieurs dizaines à plusieurs centaines de futures reines, on entend souvent qu'un nid non détruit « fera autant de nids l'an prochain ». C'est une lecture fausse : la quasi-totalité de ces femelles ne passera pas l'hiver ou échouera au printemps. Le nid de l'année suivante ne descend pas mécaniquement de celui de cette année, et il ne reviendra pas non plus au même endroit — sauf si l'endroit était lui-même particulièrement favorable.
Mise à jour : 20 septembre 2026
Un doute sur un mot, ou sur un nid ? Appelez.
On identifie au téléphone, et on vous dit franchement quand il n'y a rien à faire.
- Lundi – Vendredi 7h – 21h
- Samedi – Dimanche 9h – 19h