Glossaire · Cycle et périodes
Hivernation des reines : une guêpe en plein janvier
Où passent l'hiver les futures fondatrices, pourquoi l'une d'elles se réveille parfois dans un salon en plein froid, et ce qu'il faut en faire.
À l'automne, tout meurt dans une colonie sauf une chose : les jeunes reines fécondées. Elles quittent le nid, ne rentrent pas, et cherchent chacune de leur côté un endroit où passer l'hiver au ralenti. C'est la diapause : une mise en sommeil physiologique, pas un simple engourdissement.
Où elles se mettent
Toujours dans un espace étroit, sec, non chauffé, à l'abri du gel direct et des variations brusques.
Sous une écorce décollée, dans une fente de bois mort, dans un tas de bûches, sous des tuiles, dans un pli de rideau d'une pièce fermée, dans un carton au grenier, dans les combles, derrière un volet replié, dans l'isolant d'un garage, entre deux planches d'un abri.
Elles sont seules. Une reine n'hiverne pas avec ses sœurs, et il n'y a donc jamais de « colonie en hiver » — ce que confirme d'ailleurs l'état des nids à cette saison, voir nid vide.
Le réveil accidentel de janvier
C'est un motif d'appel régulier au cœur de l'hiver : une grosse guêpe ou un gros frelon qui se traîne sur une vitre, en pleine période de froid, dans une maison.
L'explication est simple. Une reine a hiverné dans un grenier, un carton ou un pli de tissu ; une remontée de température — chauffage, redoux, carton descendu dans une pièce chaude — a interrompu sa diapause. Elle se réveille, sort, et se retrouve dans un monde où il n'y a ni nourriture, ni site de nidification.
Ce n'est pas le signe d'un nid dans la maison. C'est un individu isolé, et sans ressource.
Un nid chez vous ? Décrivez-le, on vous dit quoi faire.
Forfait annoncé avant de partir, 7 jours sur 7.
Que faire de cet individu
Il n'y a rien à traiter et rien à appeler. Aucune intervention n'a de sens sur un insecte unique.
La méthode qui marche : un verre posé dessus, une feuille rigide glissée dessous, et on relâche dehors. Le geste est sans danger — une reine tout juste réveillée est lente et n'a aucune raison de piquer —, à condition de ne pas la saisir à pleine main.
Relâchée dehors en janvier, elle survivra rarement. Si l'idée vous gêne, vous pouvez la déposer dans un abri froid non chauffé, un garage ou une remise, où elle pourra reprendre sa diapause. Mais ne la remettez pas dans la pièce chaude : elle s'épuiserait en quelques jours.
Pourquoi cela intéresse aussi le printemps
Les sites d'hivernage sont souvent, à quelques mètres près, les sites de fondation du printemps. Une reine sortie d'un abri de jardin y bâtira volontiers son premier nid, parce qu'elle y retrouve exactement ce qu'elle cherche : un volume sec et abrité.
C'est ce qui donne son utilité au tour d'inspection d'avril, qui consiste précisément à rouvrir et regarder tout ce qui est resté fermé pendant l'hiver — voir le calendrier francilien et la reine fondatrice.
Le cas du frelon asiatique
Même mécanisme, avec une conséquence de plus. Une colonie produit un nombre important de futures reines, ce qui alimente la crainte d'une explosion l'année suivante.
Elle est largement excessive : la mortalité hivernale est massive, et parmi les survivantes, la plupart échouent au stade de la fondation. Le lien entre un nid d'automne et le nombre de nids du printemps suivant est beaucoup plus lâche qu'on ne le dit.
Mise à jour : 20 septembre 2026
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