Glossaire · Techniques et matériel d'intervention
Poudrage : l'insecticide en poudre au trou d'envol
La technique de référence pour un nid en cavité : une poudre déposée au trou d'envol, que les insectes transportent eux-mêmes jusqu'au cœur de la colonie.
Le poudrage consiste à déposer un insecticide sous forme de poudre à l'endroit exact par lequel les insectes entrent et sortent. C'est le traitement de référence dès que le nid est dans un volume fermé — un mur, un caisson de volet, une cavité du sol, un comble — c'est-à-dire dans la majorité des cas réels.
Le principe : laisser la colonie faire le travail
L'idée est contre-intuitive : on ne cherche pas à atteindre le nid. On traite le seuil.
Chaque ouvrière qui franchit le trou d'envol traverse la poudre et en emporte sur son corps. À l'intérieur, les contacts entre individus, le toilettage mutuel et le nourrissage des larves répartissent le produit dans toute la colonie — y compris jusqu'à la reine, qui ne sort jamais et qu'aucun jet direct n'atteindrait.
Le nid se traite donc de l'intérieur, par ses propres habitantes.
Pourquoi la poudre plutôt qu'un liquide
Trois propriétés expliquent ce choix.
Elle reste où on la met. Une poudre déposée dans une fente sèche y demeure et continue d'agir sur les individus qui rentrent plus tard — ceux qui étaient en vol au moment de l'intervention, et ceux qui naissent dans les heures suivantes. Un liquide s'évapore ou coule.
Elle adhère aux insectes. C'est toute la logique du transport : une particule sèche accroche la pilosité et les articulations, là où une gouttelette sèche sur place.
Elle pénètre les volumes qu'on ne voit pas. Une cavité de cloison, un caisson, une galerie souterraine : on ne peut pas viser ce qu'on ne voit pas, mais on peut traiter l'unique passage obligé.
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Ce que cela implique pour vous
Le traitement n'est pas instantané, et c'est normal. Il faut le temps que les ouvrières rentrent, que le produit circule, que les dernières butineuses reviennent : l'activité décroît progressivement et le nid s'éteint en quelques jours. Voir délai d'action et guêpes encore là après traitement.
Deux consignes en découlent, et elles sont importantes.
Ne bouchez pas le trou après l'intervention. Le passage est le vecteur du traitement : l'obstruer l'annule. C'est l'erreur la plus fréquente, faite avec les meilleures intentions.
Ne nettoyez pas la zone traitée dans les jours qui suivent, ni à l'eau ni au balai.
Ce que le produit est, et ce qu'il n'est pas
Il s'agit d'un produit biocide relevant du type 18 — insecticides —, employé par un professionnel selon les conditions de son autorisation de mise sur le marché : dose, support, précautions. Voir produit biocide TP18 et Certibiocide.
Ce n'est pas un produit rémanent destiné à protéger la maison pour la saison : il vise une colonie identifiée, à un point précis. Un professionnel qui proposerait de « traiter toute la façade en préventif » sort de ce cadre.
Les limites de la technique
Elle suppose un point de passage unique et identifié. Une cavité à plusieurs sorties oblige à traiter chacune, et un orifice mal localisé donne une intervention sans effet.
Elle suppose aussi un support sec. Sur une façade ruisselante ou un sol détrempé, la poudre perd son intérêt et l'intervention se replanifie.
Enfin, elle traite la colonie, pas l'ouvrage. Le nid reste en place à l'intérieur de la cavité, ce qui est sans conséquence puisqu'il ne sera jamais réoccupé — mais explique que la question du retrait du nid se pose séparément, et seulement quand il est accessible.
Mise à jour : 20 septembre 2026
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