Blog · Urgence et orientation
Guêpes à table : ce qui marche vraiment en terrasse
Trois guêpes autour du déjeuner et personne ne mange tranquille. Les gestes qui changent quelque chose, ceux qui relèvent du folklore.
Le problème, tel qu'il se pose vraiment
Personne ne cherche à éradiquer les guêpes de son jardin. Ce que l'on veut, c'est finir une assiette dehors sans agiter les bras toutes les trente secondes, et laisser un enfant boire au verre sans surveiller le verre. C'est un objectif modeste, et il est atteignable : la plupart des repas gâchés le sont par deux ou trois insectes, pas par une nuée.
Une chose aide énormément à s'y prendre : comprendre ce que ces deux ou trois insectes viennent chercher. En début de saison, les ouvrières rapportent des protéines au couvain — d'où leur intérêt pour la charcuterie, le poisson, les croquettes du chien. En fin d'été, le couvain ne réclame plus rien, les ouvrières n'ont plus de larves à nourrir et elles cherchent pour elles-mêmes du sucre rapide : fruits mûrs, sodas, vin blanc, confiture. C'est pour cette raison que le mois d'août est bien pire que le mois de juin, et que la même terrasse devient invivable sans qu'aucune colonie ne se soit rapprochée. Ce basculement est détaillé dans l'article sur les guêpes en septembre.
Ce qui marche, par ordre d'efficacité
Couvrir, tout simplement
C'est ennuyeux à lire et c'est de loin le plus efficace. Une guêpe trouve sa cible à l'odeur puis à la vue ; ce qui est fermé n'existe pas pour elle. Des cloches à mailles sur les plats, un couvercle sur le saladier, la bouteille rebouchée entre deux verres, la poubelle de table fermée : le repas devient d'un coup beaucoup plus calme. La version minimale, si l'on n'a rien : sortir les plats au moment de manger, et les rentrer dès la dernière bouchée, au lieu de les laisser une heure sur la table.
Ne jamais boire à la canette ni à la bouteille opaque
C'est le seul conseil de cette page qui relève de la sécurité et non du confort. Une guêpe entrée dans une canette ne se voit pas, et une piqûre dans la bouche ou la gorge gonfle une zone qui ne peut pas gonfler sans gêner la respiration. Dehors, on verse dans un verre transparent, on regarde avant de boire, et on donne aux enfants une paille ou un gobelet à couvercle. Si une piqûre survient malgré tout dans la bouche ou sur la gorge, on appelle le 15 ou le 112 sans attendre de voir ce que cela donne.
Déplacer l'attraction plutôt que la supprimer
Puisque l'on ne fera pas disparaître les insectes, autant leur donner quelque chose de plus intéressant, loin de la table. Une assiette avec un peu de confiture, de melon ou de raisin trop mûr, posée à six ou huit mètres et sous le vent, capte une bonne partie des visiteuses. L'astuce a une limite qu'il faut connaître : elle fonctionne le temps d'un repas, elle ne s'installe pas à demeure, sinon vous entretenez vous-même un point de ravitaillement dans votre jardin.
Traiter les vraies sources, qui ne sont pas sur la table
Une terrasse fréquentée l'est souvent à cause de ce qui se trouve autour, et non du déjeuner. Les fruits tombés d'un pommier ou d'un figuier sont le premier poste, très loin devant : ramassés tous les deux jours, ils changent radicalement la situation. Viennent ensuite le composteur ouvert, les poubelles dont le couvercle ferme mal, les canettes vides du bac de tri non rincées, la gamelle du chat laissée dehors, le barbecue non nettoyé de la veille, et la piscine ou le point d'eau par temps de canicule, car les guêpes boivent aussi.
Se tenir tranquille
Une guêpe qui tourne autour d'une assiette n'est pas en train d'attaquer : elle évalue. Les mouvements brusques, le souffle et les coups de serviette la font passer en défense, c'est-à-dire exactement en ce qu'on voulait éviter. La bonne réaction est de cesser de bouger quelques secondes, ou de l'écarter d'un geste lent et large. On n'écrase jamais une guêpe sur une table où l'on mange : l'insecte écrasé libère des substances d'alarme qui attirent ses congénères.
Ce qui relève du folklore
Il circule un nombre impressionnant de remèdes, et quelques-uns méritent d'être remis à leur place — non pour le plaisir de démonter, mais parce que l'on perd du temps à les essayer.
Le marc de café que l'on fait brûler dans une coupelle est le grand classique. La fumée éloigne certains insectes tant qu'elle est dense et que le vent ne tourne pas ; en terrasse, elle se dissipe en quelques minutes et vous enfumez surtout vos invités. Les pièces de cuivre dans un verre d'eau, la tomate coupée, le sac plastique rempli d'eau suspendu, le faux nid en papier censé faire fuir une colonie rivale : aucun de ces procédés ne repose sur quoi que ce soit de démontré, et ils ont surtout l'inconvénient de rassurer. Les huiles essentielles — clou de girofle, citronnelle, lavandin — ont un effet réel mais très court et très local : il faut en remettre sans cesse, elles ne protègent pas une table entière, et elles ne sont pas anodines près d'enfants en bas âge.
Un mot sur le piège à guêpes, parce qu'il mérite mieux qu'un rejet. Une bouteille percée avec du sirop et de la bière capture effectivement des insectes. Le problème est double : elle capture sans distinction, y compris des abeilles et une grande quantité d'insectes utiles, et elle attire vers votre jardin plus d'individus qu'elle n'en prend. Un piège posé sur la terrasse aggrave donc souvent le problème qu'il prétend régler. S'il doit y en avoir un, il se place loin de la zone de vie, jamais entre la cuisine et la table. Le détail figure dans l'entrée piège à guêpes du glossaire.
Enfin, les bombes insecticides du commerce vaporisées en l'air n'ont aucun sens dans ce contexte : elles tuent l'insecte présent, laissent un produit sur la table où vous mangez, et ne changent strictement rien au flux qui arrive de l'extérieur.
Un nid chez vous ? Décrivez-le, on vous dit quoi faire.
Forfait annoncé avant de partir, 7 jours sur 7.
Le moment où ce n'est plus une question de repas
Tous les conseils précédents supposent des visiteuses venues de loin. Il existe un cas où ils ne serviront à rien, et il se reconnaît facilement.
Regardez non pas les insectes posés sur la table, mais ceux qui ne s'y posent pas. Si vous observez un va-et-vient régulier et orienté — des individus qui partent tous dans la même direction et reviennent par le même axe, qui entrent sous une rive de toit, dans un trou de mur, sous un store, dans le sol — vous n'avez pas un problème de déjeuner, vous avez une colonie à proximité. Autres indices : une présence continue le matin tôt et le soir tard, hors de tout repas ; des insectes qui entrent dans la maison plusieurs fois par jour ; une agressivité déclenchée par la tondeuse ou la taille de haie, toujours au même endroit du jardin.
Dans ce cas, aucune cloche à plat ne réglera la situation, et la destruction de la colonie est la seule réponse. La méthode pour localiser un nid et ce que l'on observe ensuite sont expliquées dans reconnaître un nid. IDFG traite les guêpes, les frelons européens et les frelons asiatiques, au forfait publié sur la page tarifs — mais pas les abeilles ni les bourdons, qui ne sont pour ainsi dire jamais en cause autour d'une table.
En quatre lignes
Couvrez les plats et rebouchez les bouteilles. Ne buvez jamais à la canette. Ramassez les fruits tombés et fermez les poubelles. Ne vous agitez pas, et n'écrasez rien. Si malgré tout le va-et-vient est constant et orienté, cherchez le nid : le problème n'est plus sur la table.
Mise à jour : 19 septembre 2026
Décrivez-nous le nid, on vous dit quoi faire.
Identification au téléphone, forfait annoncé avant de partir.
- Lundi – Vendredi 7h – 21h
- Samedi – Dimanche 9h – 19h