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Nid de frelons dans un grenier ou un arbre creux

Deux lieux, une même logique biologique

Un comble perdu et un vieux tronc évidé ne se ressemblent en rien. Pour une fondatrice de frelon européen, ce sont pourtant deux versions du même abri : un volume creux, vaste, sec, sombre, isolé thermiquement par le bois ou par la toiture, avec une ou deux ouvertures naturelles et aucune fréquentation humaine. Cette espèce est une nicheuse de cavité, là où la guêpe commune se contente de n'importe quel interstice et où le frelon asiatique construit le plus souvent à l'air libre.

C'est pour cette raison que ces deux emplacements se traitent ensemble : la question qu'ils posent n'est pas celle du lieu, c'est celle de l'espèce. Identifier correctement l'occupant décide de presque tout ce qui suit — du degré d'urgence, de la conduite à tenir et, très souvent, de la possibilité même d'intervenir.

Reconnaître l'occupant avant tout le reste

Le frelon européen est grand, entre deux et trois centimètres et demi, avec une tête et un thorax où le brun-roux domine nettement, un abdomen jaune rayé de noir et des ailes ambrées. Son vol est lourd et sonore : on l'entend arriver. Il construit un nid de papier beige à brun clair, aux stries larges, souvent sans enveloppe complète lorsqu'il occupe une cavité — la paroi du comble ou du tronc fait office d'enveloppe, et l'on voit alors les galettes d'alvéoles superposées suspendues sous une poutre ou accrochées au bois.

Deux comportements le distinguent immédiatement du reste. Il vole tard, jusqu'à la nuit tombée, ce qu'aucune guêpe ne fait. Et il est attiré par les sources lumineuses : les individus qui viennent taper contre une fenêtre éclairée un soir d'août sont des frelons européens et signalent généralement une colonie dans le bâtiment ou à proximité immédiate. Ce comportement d'approche des vitres est souvent pris pour une attaque ; ce n'en est pas une.

À l'opposé, le frelon asiatique est plus sombre, avec des pattes nettement jaunes à leur extrémité et un abdomen très foncé barré d'un seul anneau orangé, il ne vole pas la nuit, et il ne niche qu'exceptionnellement en cavité fermée. Si le doute persiste, les deux pages les frelons européens et les frelons asiatiques donnent les critères en détail, et identifier un insecte sur photo explique comment obtenir un cliché exploitable sans s'approcher.

Dans un comble ou un grenier

Ce qui frappe d'abord est le volume. Une colonie de frelons dans un comble ne rencontre aucune contrainte de place : elle construit vers le bas, sur les galettes successives, et les débris de vieilles alvéoles s'accumulent au sol sous le nid. On l'entend depuis la pièce en dessous, comme un ronflement grave et continu, et l'on trouve des individus morts sur le plancher du comble et des ouvrières isolées à l'étage.

Le point d'entrée, lui, est souvent modeste et à l'écart : une chatière de ventilation, un about de faîtage ouvert, une lucarne dont le carreau manque, une entrée d'air en pignon, un trou de boulin. Le repérer depuis le jardin, en fin d'après-midi, vaut mieux que de monter chercher.

Si vous devez malgré tout accéder au comble, faites-le de jour, sans allumer d'éclairage puissant, en restant à la trappe, et ressortez dès que vous avez localisé la zone. Ne déplacez pas la laine, n'approchez pas, ne prenez pas de photo au flash. Et ne montez pas sur les solives d'un comble non aménagé : la chute à travers le plafond est un risque plus concret que la piqûre.

Ce qu'il ne faut faire en aucun cas : boucher le point d'entrée — le comble communique toujours avec le logement par une trappe, des spots ou des passages de gaines, et la colonie descendra —, vaporiser un aérosol depuis la trappe, enfumer sous une charpente en bois sec, ou entreprendre des travaux bruyants dans le plafond de l'étage.

Dans un arbre creux

La situation est très différente parce qu'elle se passe dehors, et qu'elle met en jeu autre chose.

Un vieux saule, un fruitier en fin de vie, un platane étêté, un tilleul avec une cavité de branche maîtresse : l'entrée est souvent une fente verticale ou un trou de branche cassée, à hauteur variable. Le trafic est visible de loin, régulier, et se poursuit au crépuscule.

Deux questions se posent avant toute autre. À qui appartient l'arbre ? Un arbre d'alignement, de square, de cour d'école ou de parc relève du gestionnaire — commune, département, bailleur, copropriété — et personne d'autre ne peut faire intervenir. Un arbre de voisin reste son affaire, y compris si la cavité est du côté de votre clôture. Où est l'arbre par rapport à vous ? Une cavité à quinze mètres d'un fond de parcelle où personne ne va, et une cavité dans le tronc qui borde l'allée de l'école, ne posent pas du tout le même problème.

Il faut ajouter que le frelon européen rend des services documentés : c'est un prédateur d'insectes, mouches et chenilles comprises, et il est chassé par ailleurs par le frelon asiatique sur la même ressource. Une colonie logée dans un arbre creux, à distance, n'appelle pas de réflexe automatique de destruction.

Intervenir ou attendre : la question se pose vraiment

C'est le cas où la réponse honnête est le plus souvent « ça dépend », et le critère n'est ni la taille du nid ni la peur qu'il inspire.

On intervient quand le nid est dans un volume habité ou attenant à un logement, quand il est proche d'un lieu de vie ou d'un passage obligé, quand il y a une allergie connue dans le foyer, un jeune enfant, une école, une terrasse de commerce ou un lieu de travail en dessous, ou quand des individus entrent régulièrement dans les pièces.

On peut laisser faire quand le nid est dans un arbre isolé en fond de terrain, loin des allées, sans enfant ni animal aux alentours, et qu'on est en fin de saison. Rien de cette colonie ne passe l'hiver sur place : les gelées l'éteignent, et le nid vide n'est jamais réoccupé l'année suivante. Un nid découvert en octobre ou en novembre est presque toujours un nid en fin de vie, et un nid trouvé en hiver, vide, ne demande rien du tout — ni destruction, ni précaution particulière.

Entre les deux, la distance est le bon arbitre : un nid à plus de quelques mètres de tout endroit où l'on s'arrête, sans obligation de passer devant, se supporte jusqu'aux gelées. Le calendrier complet de la saison est détaillé dans le calendrier des guêpes et des frelons.

Ce que l'accès autorise, et ce qu'il interdit

Sur ces deux emplacements, la limite technique se lit vite. IDFG intervient à hauteur d'homme, 2,50 mètres au maximum, sans perche télescopique, sans nacelle et sans travail sur cordes.

Sont dans ce cadre : une cavité de tronc à hauteur d'homme, une souche creuse, un nid dans un comble accessible par une trappe où l'on tient debout sur un plancher, un grenier de dépendance de plain-pied, un local technique. N'y sont pas : un nid dans une branche maîtresse en hauteur, une cavité de couronne, un comble rampant où il faut ramper sur des solives, ou tout accès qui suppose une échelle appuyée. Le dire au téléphone fait gagner du temps à tout le monde. Pour un nid hors de portée, la mairie tient parfois une liste de prestataires équipés pour la hauteur, et un élagueur intervenant de toute façon sur l'arbre travaille avec le matériel qui manque — la colonie se traite avant qu'il ne monte, jamais pendant.

Un mot enfin sur les pompiers : ils n'interviennent pas sur un nid de frelons dans un cadre ordinaire, et la question est traitée en détail dans pompiers, mairie ou professionnel. Le déroulé et les conditions d'une intervention sur frelons figurent sur la page destruction de nid de frelons.

Décrivez-nous le nid, on vous dit quoi faire

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