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Nid de guêpes sur un balcon ou une terrasse

Le problème n'est pas le nid, c'est la promiscuité

Un balcon fait quatre mètres carrés. On y mange, on y fait sécher le linge, un enfant y joue, et un mur mitoyen le sépare d'un autre balcon identique où la même scène se déroule. Une colonie de guêpes installée dans ce volume ne pose pas le même problème qu'une colonie au fond d'un jardin : il n'y a nulle part où s'écarter. La distance de sécurité que l'on conseille partout ailleurs — quelques mètres — n'existe tout simplement pas ici.

C'est ce qui explique deux choses. D'une part, un nid de balcon justifie presque toujours une intervention, même petit, parce qu'on ne peut pas cohabiter à un mètre. D'autre part, il déborde immédiatement sur le voisin : le nid gêne trois logements, il est souvent situé dans un endroit qui n'appartient à personne en particulier, et sa destruction se négocie autant qu'elle se commande. C'est la particularité de ce cas, et c'est par là qu'il faut commencer.

Les six endroits où il est, en pratique

Sur un balcon, les cachettes sont peu nombreuses et toujours les mêmes. Faites le tour dans cet ordre, de préférence en milieu d'après-midi quand l'activité est maximale, et en restant à un mètre de ce que vous inspectez.

Le caisson du store banne. C'est le premier de la liste et de loin. Le store replié forme un tube abrité, sec, orienté au soleil, que l'on n'ouvre que par beau temps — parfois pas du tout pendant des mois. Comme pour un coffre de volet, le geste à ne pas faire est de le dérouler « pour voir » : cela disperse la colonie sur la terrasse.

La sous-face de la dalle supérieure. Le plafond de votre balcon est le plancher de celui du dessus. Un nid y est pendu à l'air libre, dans un angle, souvent côté cour, contre un conduit ou dans une fissure d'enduit. On ne le voit pas si on ne lève pas la tête, et il grossit vers le bas.

Le garde-corps. Barreaux tubulaires ouverts en partie basse, main courante creuse, bandeau de tôle, cache-vue en canisse : tous ces éléments contiennent des volumes fermés de quelques litres, exactement ce que cherche une fondatrice.

Les jardinières et les pots. Un pot retourné, une jardinière posée sur des cales, une réserve d'eau vide sous un bac, un composteur d'appartement : un nid s'y loge par le dessous. C'est ce qui rend l'arrosage et le rempotage risqués en août.

Le mobilier peu déplacé. Le dessous d'une table de jardin, le plateau d'un parasol replié, l'intérieur d'un coussin de banc en coffre, une chaise pliante rangée contre le mur, un barbecue couvert. C'est la mauvaise surprise classique du premier week-end de beau temps.

Les coffres et conduits techniques. Coffret de climatisation, groupe extérieur, gaine de ventilation, coffre à compteur, joint de dilatation entre deux bâtiments.

Un nid de balcon est rarement énorme : dans ces volumes contraints, la colonie reste souvent modeste. Ce n'est pas rassurant pour autant, mais cela signifie qu'il n'y a pas d'urgence à improviser un geste dangereux.

Le nid n'est pas toujours chez vous

Avant d'appeler qui que ce soit, il faut répondre à une question de position. Regardez où entrent et sortent les insectes, pas où ils volent. Trois réponses sont possibles.

Le nid est dans votre volume privatif : votre mobilier, vos jardinières, le caisson de votre store, l'intérieur de votre garde-corps. Vous décidez, vous payez, l'affaire se règle en un appel.

Le nid est chez le voisin, sur son balcon, dans sa haie de terrasse, dans son store. Vous n'y avez aucun droit d'accès et vous ne pouvez rien faire traiter. Le seul chemin est de sonner ou d'écrire, calmement, en décrivant précisément où vous avez vu le va-et-vient. Un voisin qui n'a rien remarqué est de bonne foi neuf fois sur dix : le nid est au-dessus de sa tête, pas dans son champ de vision.

Le nid est dans un élément commun : sous-face de dalle, façade, fissure d'enduit, descente d'eau pluviale, bandeau, conduit, ou dans la cour. Là, l'interlocuteur n'est ni vous ni le voisin mais le syndic, et l'ordre des démarches compte beaucoup pour savoir qui paiera in fine. C'est tout le sujet de l'article sur le nid en copropriété, à lire avant d'engager la moindre dépense si vous êtes dans ce cas.

En location, prévenez le bailleur par écrit dans tous les cas, même si vous comptez faire intervenir vous-même. Un courriel daté ne coûte rien et change tout si la discussion se prolonge.

Ce qu'on fait le temps que ça se règle

Il faut vivre quelques jours avec, sans céder à la tentation de l'aérosol — dans un espace clos par trois murs et fréquenté à un mètre, un produit du commerce disperse une colonie sans la détruire et vous expose, vous et le balcon du dessous.

Fermez la pièce donnant sur le balcon, ou posez une moustiquaire ; c'est la mesure la plus efficace. Cessez d'utiliser le balcon aux heures chaudes plutôt qu'à toute heure : l'activité chute fortement à la tombée de la nuit. Rentrez ce qui attire — verres sucrés, canettes ouvertes, fruits, gamelle du chat, poubelle de tri. Évitez le linge qui claque au vent près du nid, et ne secouez pas un tapis à cet endroit. Ne dirigez ni fumée de cigarette ni vapeur de barbecue vers le nid : la fumée est perçue comme une agression. Prévenez les voisins immédiats, en particulier ceux qui ont de jeunes enfants ou une allergie connue.

Une nuance utile avant d'appeler : à Paris et en petite couronne, beaucoup de balcons reçoivent des guêpes sans abriter le moindre nid. Ce sont des ouvrières venues d'un nid voisin, parfois à deux cents mètres, attirées par un repas ou par les poubelles de la cour. Le signe qui ne trompe pas est l'absence de point d'entrée fixe : elles arrivent de directions variables, tournent, repartent. Dans ce cas, il n'y a rien à détruire chez vous. La page guêpes agressives en septembre explique pourquoi ce harcèlement culmine en fin de saison, et guêpes dans la maison traite le cas où elles entrent par la fenêtre.

Ce qui est réglé au téléphone, avant le déplacement

En habitat collectif, trois points se règlent avant, pas sur le palier. L'accès : étage, code, interphone, présence d'un gardien, et surtout si le technicien devra traverser le logement d'un voisin pour atteindre le nid. Le destinataire de la facture : vous, ou le syndicat des copropriétaires — cette ligne-là se fixe avant, jamais après. La description exacte de l'emplacement : « sous la sous-face du balcon, angle gauche côté cour, quatrième étage » est une information exploitable ; « sur la façade » ne l'est pas.

Deux limites, enfin, à connaître pour ne pas perdre de temps. IDFG traite les guêpes, les frelons européens et les frelons asiatiques, mais ni les abeilles ni les bourdons — un essaim d'abeilles accroché à un garde-corps au printemps relève d'un apiculteur, comme l'explique la page essaim d'abeilles. Et l'intervention se fait à hauteur d'homme, jusqu'à 2,50 mètres : un nid sur votre balcon ou votre sous-face est à portée, un nid accroché en façade entre deux étages ne l'est pas, quand bien même vous le voyez parfaitement depuis votre fenêtre.

Les balcons, terrasses et cours d'immeuble représentent l'essentiel des interventions parisiennes et de petite couronne ; le détail du secteur figure sur la page Paris, le forfait unique — identique chez un particulier, un commerce ou une copropriété — sur la page tarifs, et le déroulé sur destruction de nid de guêpes.

Décrivez-nous le nid, on vous dit quoi faire

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