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Nid de guêpes dans le sol : gare à la tondeuse

Un nid qu'on ne découvre jamais en le voyant

La quasi-totalité des nids enterrés sont découverts par un choc. Une tondeuse qui passe sur un talus, une débroussailleuse qui attaque une friche en bord de clôture, une bêche qui ouvre un carré de potager, un ballon qui roule, un chien qui gratte. Personne ne les avait vus la veille, et pour une raison simple : il n'y a rien à voir. La colonie occupe une cavité déjà existante — une galerie de campagnol abandonnée, le creux sous une souche, le vide laissé par une dalle descellée, l'intérieur d'un tas de terre végétale — et la seule chose qui affleure est un orifice de la taille d'une pièce de deux euros, souvent masqué par l'herbe.

C'est ce qui distingue radicalement ce cas de tous les autres emplacements. Ailleurs, on constate une gêne, on réfléchit, on appelle. Ici, on découvre le nid et la colonie découvre le jardinier dans la même seconde, à trente centimètres, avec une machine en marche dans les mains. Le sujet de cette page n'est donc pas « comment traiter » mais « comment ne pas se faire surprendre ».

Pourquoi la réaction est violente, et pourquoi elle l'est plus qu'ailleurs

Deux mécanismes se cumulent sous terre.

Le premier est la vibration. Une colonie logée dans un volume aérien perçoit une menace visuelle ; une colonie logée dans le sol perçoit d'abord des ondes transmises par la terre. Un moteur thermique, une roue lourde, des pas répétés au même endroit produisent exactement le signal qui déclenche la sortie défensive. C'est pourquoi on se fait piquer sans avoir touché le nid, sans même l'avoir approché à moins d'un mètre.

Le second est la géométrie. La sortie est unique et dirigée vers le haut. Les ouvrières émergent donc toutes au même point, en colonne, à hauteur de mollet puis de visage, dans la direction de celui qui est penché au-dessus. Un nid accroché sous une branche laisse une échappatoire latérale ; un nid au sol, non. S'y ajoute le fait que les guêpes germanique et commune, les deux espèces qui nichent le plus volontiers sous terre en Île-de-France, atteignent en fin d'été des colonies de plusieurs milliers d'individus, quand un nid de poliste en compte quelques dizaines.

La conséquence pratique est qu'un nid enterré produit plus souvent que les autres des piqûres multiples, et que celles-ci concernent des adultes en pleine activité physique, parfois seuls au fond d'un terrain. C'est la raison pour laquelle un nid au sol dans une zone de passage, une pelouse d'école, une cour de crèche ou un espace vert de copropriété se traite sans attendre la fin de saison, alors qu'un nid isolé en fond de parcelle peut souvent s'éteindre seul.

Repérer la bouche d'envol avant de passer

Le réflexe qui évite l'accident tient en deux minutes, et il se prend avant chaque tonte, chaque débroussaillage et chaque taille de bordure entre mai et octobre.

Faites le tour de la zone à couvrir, lentement, debout, en regardant le ras du sol. Vous ne cherchez pas un nid mais un point de convergence : un endroit précis où des insectes plongent et ressortent, trois ou quatre fois par minute par beau temps. Ce mouvement est très reconnaissable une fois qu'on l'a vu — la trajectoire s'infléchit brusquement vers le bas et disparaît.

Les endroits à regarder en priorité sont toujours les mêmes : le talus, la berge d'un fossé, le pied d'un mur de clôture, la base d'une souche ou d'un vieux tronc, le dessous d'une marche d'escalier extérieur, le joint d'une dalle de terrasse qui a bougé, le tas de compost, le bac à sable, et la bande d'herbe haute qu'on ne tond qu'une fois l'an. Sur une bouche active, l'herbe autour de l'orifice est souvent lustrée et couchée par le passage.

Un doute fréquent mérite d'être levé avant d'appeler qui que ce soit. Plusieurs insectes non concernés occupent les mêmes cavités. Les bourdons terrestres, massifs, velus, au vol lent et sonore, nichent régulièrement sous une souche ou dans un ancien terrier ; ils ne relèvent pas d'une destruction et IDFG n'intervient pas sur eux, ce qu'explique la page nid de bourdons. Des abeilles sauvages solitaires creusent de petits trous individuels dans la terre nue ou dans une pelouse sèche, par dizaines, sans colonie ni défense collective. Si l'orifice est unique et le trafic dense, il s'agit d'une colonie de guêpes ; s'il y a de nombreux petits trous dispersés, il n'y a rien à faire. En cas de doute, regardez l'insecte plutôt que le trou : la clé de reconnaissance donne les critères.

Ce qu'il ne faut pas verser dans le trou

Aucun emplacement ne génère autant de recettes transmises de voisin à voisin, et aucune n'est anodine. Trois familles reviennent, et toutes trois relèvent au minimum de l'imprudence.

Verser un liquide inflammable — essence, white-spirit, alcool à brûler — dans une cavité du sol, avec ou sans intention d'y mettre le feu, crée une atmosphère explosive à ras de terre, au pied de celui qui verse. Les accidents domestiques de ce type sont graves et défigurants. Il n'y a rien à ajouter, et surtout rien à préciser sur la manière de s'y prendre.

Verser de l'eau bouillante, de la chaux ou un produit ménager concentré revient à se pencher au-dessus de l'unique sortie d'une colonie de plusieurs milliers d'individus, avec un récipient chaud dans les mains et aucune possibilité de reculer vite. Le liquide, par ailleurs, se disperse dans la terre et n'atteint pas le volume du nid, logé plus loin que l'orifice ne le laisse croire.

Boucher l'entrée avec une pierre, du béton ou de la mousse expansive ne fait que forcer la colonie à rouvrir ailleurs. La terre est un matériau qui se creuse : une nouvelle sortie apparaît à quelques dizaines de centimètres, parfois de l'autre côté d'un mur de soubassement, parfois dans un vide sanitaire. On a déplacé le problème et perdu le seul point que l'on connaissait.

Si quelqu'un est piqué plusieurs fois

Le nombre de piqûres n'est pas le seul critère. Appelez le 15 sans attendre si la personne piquée présente une gêne respiratoire, un gonflement qui s'étend loin du point de piqûre, des plaques sur le corps, un malaise, ou si la piqûre est dans la bouche ou la gorge. Cela vaut quel que soit le nombre de piqûres, y compris pour une seule. L'Assurance maladie décrit ces signes sur sa page consacrée aux piqûres d'hyménoptères ; ces repères orientent et ne remplacent pas un avis médical.

Dans l'immédiat, la bonne conduite est de s'éloigner en marchant vite et en ligne droite, sur cinquante mètres au moins, en se couvrant le visage et la nuque. Ne vous jetez pas dans une piscine ou une mare : vous devrez remonter respirer et les insectes attendent au-dessus. Ne moulinez pas des bras. Rentrez et fermez la porte derrière vous.

Ce que fait une entreprise, et pourquoi ce cas est dans son champ

Un nid enterré est, par définition, à portée. IDFG intervient à hauteur d'homme, jusqu'à 2,50 mètres, ce qui exclut les toitures et les frondaisons mais couvre la totalité des nids au sol, dans un talus, sous une terrasse ou dans une souche. C'est l'un des rares emplacements où la question de la hauteur ne se pose jamais.

Le traitement vise l'orifice et le volume derrière lui ; il se fait en tenue de protection intégrale, à un moment où l'activité est faible, et la zone est ensuite interdite quelques heures. Le nid lui-même reste dans le sol : une fois la colonie éteinte, l'enveloppe de papier se dégrade toute seule et n'est pas réoccupée l'année suivante. Creuser pour l'extraire n'apporte rien et abîme la pelouse. En revanche, il est utile de reboucher proprement la cavité à l'automne et de remettre en place la dalle ou la marche qui avait bougé, parce que c'est le vide qui attire, pas l'odeur.

Le déroulé et les conditions figurent sur la page destruction de nid de guêpes, le forfait unique — identique chez un particulier, un commerce, une école ou une copropriété — sur la page tarifs. Un nid traité qui redeviendrait actif dans le mois qui suit donne droit à un second passage, sans frais supplémentaires. Et si vous n'êtes pas sûr de l'endroit, la méthode de repérage est détaillée dans où se cachent les nids de guêpes.

Décrivez-nous le nid, on vous dit quoi faire

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